La guerre au Moyen-Orient fait des dégâts au portefeuille des Français, et même si un cessez-le-feu de deux semaines a été annoncé dans la nuit de mardi à mercredi. Comme l’avait anticipé le gouvernement, le prix du gaz va fortement augmenter de 15,4% dès le 1er mai prochain, a notamment appris Franceinfo. Une deuxième hausse en deux mois après celle du mois de mars (+5,3% pour un usage chauffage et +4% pour un usage cuisson/eau chaude). Cette hausse du prix de référence du gaz n’est pas sans conséquence, car elle concerne près de trois quarts des abonnés.

Au total, 7,5 millions de ménages vont ainsi voir leur facture augmenter de 6,19 euros TTC en moyenne au mois de mai, a laissé entendre la commission de régulation de l'énergie (CRE). En réalité, ce n’est guère une surprise eu égard aux perturbations du domaine énergétique depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. En outre, fin mars, la présidente de la CRE, Emmanuelle Wargon, avait déjà évoqué sur RMC la possibilité d’une hausse aux alentours de «15%».

Vers une hausse encore plus conséquente ?

Comment expliquer qu’autant de Français soient touchés par cette hausse au 1er mai ? L’augmentation du prix du gaz est liée à l’envolée du contrat à terme du TTF néerlandais, référence européenne. Si début avril le prix du gaz sur le marché est retombé, il reste à un niveau très haut, autour de 45 à 50 euros le MWh. Or, avant le conflit, il se négociait plutôt autour des 30 euros, avant un pic en mars à 60 euros, la volatilité des prix n’arrangeant rien à la situation.

Ces 7,5 millions de ménages sont donc ceux qui ont souscrit une offre d’un fournisseur indexée sur ce prix repère du gaz. Or, quand vous n’avez pas d’offre à prix fixe, les tarifs varient. Mardi 7 avril, à la veille de la publication officielle de cette nouvelle hausse, le cofondateur et directeur général du comparateur Hello Watt laissait même entendre que la hausse pourrait atteindre 25% dans les mois à venir en cas de prolongation du conflit.

Si l’on prend en compte l’augmentation annoncée par le gouvernement, cela représente en moyenne un peu plus de 74 euros par an. En cas de flambée, comme celle crainte par Hello Watt, cela pourrait être bien plus important, «en moyenne 260 euros supplémentaires par an», selon Sylvain Le Falher pour un foyer de quatre personnes chauffées au gaz. Les tensions autour du détroit d’Ormuz, les frappes sur des sites gaziers ou la suspension de production de gaz liquéfié au Qatar ont changé la donne en quelques semaines.