
Après les carburants, le gaz ? La guerre au Moyen-Orient risque de faire très mal au portefeuille des Français. Depuis quelques jours, l’essence et le gazole flirtent, voire dépassent, les deux euros le litre dans l’Hexagone. Et dans la foulée, Bercy a laissé planer le spectre d’une forte augmentation du prix du gaz dès le mois de mai pour de nombreux Français, en particulier ceux qui n'ont pas d’offre à prix fixe. Les factures vont-elles bondir ? La question se pose alors que le gaz a flambé jeudi 19 mars, en raison notamment de frappes sur des infrastructures énergétiques au Moyen-Orient.
Référence européenne, le contrat à terme du TTF néerlandais bondissait de 24,13% à 67,85 euros le mégawattheure, après avoir grimpé jusqu'à 35% quelques heures plus tôt. De quoi laisser craindre le pire. Invitée de RMC ce vendredi matin, la présidente de la Commission de régulation de l’énergie (CRE), Emmanuelle Wargon, a tempéré, concédant qu’on en dépendait «parce qu’on l’importe», mais selon elle, «la répercussion en mai ne sera pas énorme», et ce pour plusieurs raisons. D’abord, parce que le mois de mai «n’est pas la saison du chauffage», or «dans la facture il y a aussi le volume», a-t-elle rappelé.
15% ou 20% de hausse ?
Aussi parce qu’on ne sait pas si la guerre au Moyen-Orient va durer. Mais elle l’a assuré : «Ça ne sera pas gigantesque» et certainement «pas plus 35%» mais plutôt «dans la zone des 15%». Toutefois, ce n’est pas vraiment l’avis de Maxime de La Raudière, expert chez Selectra. Selon lui, alors que le cours du TTF néerlandais a atteint des niveaux aussi hauts qu’après l'invasion de l'Ukraine par la Russie en février 2022, pour les ménages abonnés à une offre indexée, la hausse sera bien plus conséquente, aux alentours de 19,3% le 1er mai.
Les chiffres précis ne seront connus qu’à la mi-avril, mais même si le conflit s’arrête d’ici là, les prix du gaz vont rester à un niveau très élevé, met en garde auprès de RMC le consultant Nicolas Leclerc. «Plus les jours passent, et moins il y a de gaz qui est produit sur la planète. Ce retard-là ne pourra pas être comblé. L'impact sur les prix sera durable», alerte-t-il, ne prévoyant pas de retour à la normale avant «2027 ou 2028».
Pas de hausse des prix de l’électricité
Dans tous les cas, les Français peuvent échapper à la hausse prévue en mai, du moins les sept millions qui n’ont pas encore souscrit à une offre à prix fixe. Il est très facile de comparer les offres et de choisir la plus adaptée, notamment grâce au comparateur d’électricité et de gaz naturel du Médiateur national de l’énergie. Concernant l’électricité, Emmanuelle Wargon a répété que les prix n'augmenteront pas. «En ce moment, on a beaucoup d’électricité nucléaire et on a aussi beaucoup d’électricité renouvelable et ça nous suffit en gros», a-t-elle souligné, écartant le recours à de l’électricité fabriquée à partir de gaz.


















