Par les temps qui courent, c’est un indicateur surveillé comme le lait sur le feu. Tous les mois, la Commission de régulation de l’énergie (CRE), une autorité administrative indépendante, publie un prix repère de vente du gaz en France (PRVG). Le but ? Aider les consommateurs à se repérer sur ce marché totalement libéralisé depuis le 1er juillet 2023, date à laquelle les tarifs réglementés par l’Etat ont été supprimés. Il ne s’agit donc pas d’une offre commerciale existante. Toutefois, les fournisseurs privés, qui sont libres de fixer leur prix, ont toutes les raisons de ne pas trop s’en écarter s’ils ne veulent pas se faire épingler. Calculé en tenant compte des coûts d’approvisionnement sur les marchés de gros internationaux mais aussi des frais d’acheminement, de commercialisation et des taxes, il offre une excellente vision de la tendance du marché. Et, au vu des données fournies pour mai par rapport à avril, il n’y a pas de quoi se réjouir : de 139,12 euros le megawattheure, le PRVG grimpe de 15,4% à 160,54 euros…

Cette envolée n’a hélas rien d’étonnant. Faut-il le rappeler ? Près de 20% du gaz naturel liquéfié mondial transitent en bateau depuis les champs gaziers du golfe Persique jusqu’aux pays consommateurs via le détroit d’Ormuz. Loi de l’offre et de la demande oblige, le déclenchement du conflit au Moyen-Orient fin février, suivi du quasi-blocage de ce fameux passage entre l’Iran et Oman, a logiquement fait flamber les cours mondiaux du gaz. Et peu importe que la France ne soit pas directement concernée, notre pays s’approvisionnant très majoritairement dans d’autres régions du monde (Norvège, Etats-Unis, Russie et Algérie). Notons au passage que ce PRVG est calculé avec un décalage dans le temps de deux mois par rapport aux cours des marchés. D’où la hausse constatée seulement aujourd’hui par rapport au début du conflit. De leur côté, les nombreux fournisseurs de contrats gaziers n’ont évidemment pas attendu pour faire chauffer leur calculette et revoir au besoin leurs tarifs pour tenir compte des événements. De quoi inquiéter les quelque 10,35 millions de clients abonnés à l’une de leurs offres.

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