Des QR codes à la place des humains ? La RATP semble avoir trouvé la solution pour pallier le manque de personnel dans certaines de ses gares. Comme l’a appris Actu Paris, dès le mois de février, la régie de transport francilienne va mener une expérimentation dans six gares de région parisienne, plus précisément sur la ligne B du RER. Une «première» dans la région, explique l’élue communiste Céline Malaisé, qui vise à remplacer les agents de la RATP absents par des QR codes.

Dans les faits, cela signifie que dans les gares-tests concernées, un QR code va être apposé sur une vitrine invitant les usagers à le scanner s’ils ont besoin d’une information. Selon les informations d’Actu Paris, il suffira de cliquer sur le tag correspondant à sa question et le Francilien sera mis en relation avec un vrai agent situé cette fois-ci dans un centre d’appels à Paris. «Ils pourront être présents le matin dans la station et être remplacés par une équipe mobile l’après-midi, par exemple», met en avant la RATP.

Une «déshumanisation des transports publics»

Mais ce projet baptisé LIVA (pour Lien interactif avec votre agent), dont le test est prévu pour trois mois, est déjà fermement critiqué par la CGT. «Aujourd’hui, c’est Saint-Michel. Demain, Marseille ? Et après-demain à l’étranger ?», tance le secrétaire de la CGT Métro-RER, auprès d’Actu Paris, Benoît Chevillard. Dans un communiqué, la CGT du groupe, qui dénonce une mesure qui va à l’encontre du bon sens «dans tous les domaines», regrette aussi que le projet LIVA «accélère la déshumanisation des transports publics».

La CGT rappelle que la RATP a déjà voulu mener des projets de stations sans agents sur les lignes 3 et 6 du métro, mais malgré le blocage, «la direction persiste dans sa logique de suppression des emplois et de remplacement des humains par des écrans». Pour étayer ses propos, la CGT prend l’exemple de la SNCF : «Cette expérimentation n’est qu’un cheval de Troie pour généraliser un modèle inspiré de la SNCF, où les voyageurs subissent déjà en gare un service minima aux heures de pointe.»

Des gares «à faible flux» et des équipes mobiles, avance la RATP

Surtout, la CGT s’inquiète d’une généralisation du dispositif et réclame «l’arrêt immédiat de l’expérimentation LIVA et le maintien des agents dans toutes les gares et stations». Pour l’heure, la RATP a bien prévu de mener à bien cette expérimentation, dans les six gares que sont Parc-de-Sceaux, Le Guichet, Bures-sur-Yvette, Lozère et Courcelles-sur-Yvette. Si des équipes mobiles sont prévues, Benoît Chevillard pose les questions de l’accompagnement des personnes handicapées, des ascenseurs, des titres de transport défectueux, etc.

L’élue communiste Céline Malaisé met également en garde : «Dans le cas des VSS (violences sexistes et sexuelles) c’est admis par tous que c’est la présence d’agents qui permet de dissuader de passer à l’acte.» Si la RATP met en avant une expérimentation dans des gares «à faible flux», elle assure que «les cotations de couverture» ne sont pas modifiées et qu’il y aura toujours au moins un agent «sur tout ou partie du service». Les autres seront déployés «en équipes mobiles» et surtout : cette organisation va permettre «une visibilité accrue des agents et de renforcer la sécurité sur la ligne».