Situation critique pour la régie des transports publics parisiens. Lundi 22 septembre, la RATP, la SNCF et Ile-de-France Mobilités ont annoncé la mise en place d’un plan d’urgence, selon BFMTV. La raison : les rames MI20 pour le RER B, dont la livraison était jusqu’ici attendue pour fin 2025, ne seront finalement pas livrées avant fin 2026, avec déjà un an de retard donc. Selon les acteurs investis dans ces travaux, anonymes, ce retard s’expliquerait par un changement des normes et des «exigences très particulières».

Construites par Alstom, ces nouvelles rames pourraient même arriver au deuxième semestre 2029, selon un rapport d’expertise indépendant demandé par la RATP, la SNCF et IDFM, et relayé par l’Informé et Le Monde. Cependant, selon une source chez Alstom, il s’agirait là de la pire éventualité. Ce rapport mettrait aussi en évidence également des «retards cachés» par Alstom, selon Valérie Pécresse, présidente de la Région Ile-de-France.

Un calendrier resserré, mais sous conditions

Le plan d’urgence mis en place par la RATP, la SNCF et IDFM prévoit une «remise à plat du planning du projet», mais aussi une «réforme de sa gouvernance», pour faciliter la communication, puisque le projet aurait nécessité jusqu’ici «plus de 1 500 réunions» selon l’interlocuteur chez Alstom. Et selon le calendrier mis à jour, le premier RER devrait être construit en avril 2026 et circulerait au semestre suivant. À partir de là, «trois à quatre» trains seraient livrés mensuellement pour remplacer les 146 trains de la ligne. Selon Valérie Pécresse, si ce calendrier n’est pas respecté, Alstom sera pénalisé.

Dans les faits, le projet de rénovation des RER B n’aurait jamais enthousiasmé Alstom, qui se serait lancé dans ce chantier «à reculons», en 2021. Le projet avait en fait été remporté par le Canadien Bombardier, qu’Alstom a racheté entre-temps. Pour Alstom, le contrat à 2,5 milliards d’euros n’était alors «pas assez rentable».