La situation est incompréhensible pour de nombreux passagers de la RATP depuis quelques mois. Titulaires d’un abonnement, Navigo ou forfait Liberté +, qui permet de payer les trajets à l’unité avec un passe et d’être prélevé en fin de mois, ils sont pourtant nombreux à se plaindre d’avoir reçu des PV. Pourquoi ? La faute à des valideurs qui ne fonctionnent pas, explique Le Parisien. C’est le cas d’une sexagénaire, expliquent nos confrères, qui, un soir, alors qu’elle emprunte le métro sur la ligne 13 à la station Guy-Môquet, fait face à des valideurs hors service.

Sur place, l’agent de station lui indique de passer, mais lorsqu’elle se fait contrôler à un changement de ligne un peu plus tard, les agents la verbalisent pour «défaut de validation». Ironisant sur son âge et son impossibilité de passer au-dessus d’un tourniquet, elle demande que les agents appellent leur collègue de Guy-Môquet, mais celui-ci indique que tout fonctionne normalement… Echaudée, elle retourne le lendemain à la station en question, et même si l’agent retrouve une trace du dysfonctionnement, il refuse de lui fournir une attestation.

70 euros pour un titre de transport… valable

Résultat, elle doit payer une amende de 70 euros. Car comme le rappellent nos confrères, en juin 2025, le montant de l’amende pour «franchissement illicite» a augmenté de 20 euros. Le cas de cette usagère est loin d’être isolé. Un abonné du forfait Navigo mensuel a eu la même mésaventure, et là encore, les agents de la station ont affirmé que tout fonctionnait normalement à leurs collègues qui verbalisaient. «Suis-je responsable si un tourniquet a fonctionné, mais ne s’est pas allumé ?», déplore-t-il auprès du Parisien.

Alors, comment faire pour obtenir gain de cause ? La seule solution reste le recours à la médiatrice du groupe. Et étonnamment, dans son rapport annuel, cette dernière fait état de nombreux faits similaires au cours de l’année passée puisque les «franchissements illicites d’un appareil de validation» ont représenté 10% des PV dressés et 16% des saisines. Pire, ont relevé nos confrères, près de trois PV sur quatre dressés pour ce motif concernent des abonnés annuels, donc des personnes qui n’ont aucun intérêt à ne pas valider.

La médiatrice de la RATP alerte depuis 2023

La médiatrice, Emmanuelle Guyavarch, qui évoque une «incompréhension de la part du client» dans la plupart des cas, constate une «surreprésentation» de ce motif en médiation. Pire, elle alertait déjà en 2023 sur le sujet en recommandant à la RATP «de mieux distinguer les vrais franchissements illicites de ceux réalisés par défaut». La RATP a bien demandé du recul à ses agents, toutefois, les PV ne baissent pas.

La régie de transports se contente de rappeler que «si un valideur d’une ligne de contrôle est hors service de façon isolée et que les autres valideurs de la ligne de contrôle fonctionnent, le voyageur doit emprunter les valideurs en fonctionnement» et qu’«il en est de même lorsque le portillon de service est ouvert, mais que la ligne de contrôle est fonctionnelle». Si les syndicats dénoncent une «politique du chiffre», d’autres mettent en avant l’argument de l’intéressement financier pour les agents de contrôle en cas d’amendes dressées.