Sur un marché des aspirateurs laveurs qui ne cesse d'innover, Dyson persiste et signe un nouveau laveur de sol en délaissant l'aspiration. Il peut a priori ramasser quelques déchets secs, mais seulement occasionnellement. Cette sorte d’appareil hybride reprend le design du récent mini-aspirateur PencilVac, en plus d’être équipé d’une brosse lavante Submarine un peu revisitée. Résultat : un appareil développé pour être le plus fin du marché, voulu maniable, léger et promettant de laver les sols de manière hygiénique grâce à un rouleau constamment rincé à l’eau propre. Le PencilVac, tout comme la tête lavante Submarine, avaient peiné à nous convaincre, mais le PencilWash a peut-être pris le meilleur de ses aînés ?

Ergonomie : fin et léger, mais une tête de brosse peu coopérative (3/5)

Le PencilWash est conçu sur la même base que l'aspirateur PencilVac (mais sans collecteur) : un corps ultra-fin de 38 mm de diamètre, avec la batterie insérée dans un manche dépourvu de poignée. Cela présente plusieurs avantages, à commencer par la finesse et la légèreté. Comme promis, on peut facilement le coucher.

L’appareil peut être allongé, par exemple pour laver sous les meubles.
L’appareil peut être allongé, par exemple pour laver sous les meubles. © Alexandra Bellamy pour Capital

Il est alors vraiment fin - seulement l’épaisseur de sa tête augmentée de sa fixation (soit une quinzaine de cm). Avec son réservoir plein, il ne pèse que 2,35 kg, ce qui est peu. Mais surtout, du fait de sa forme, on a l’impression de porter bien moins puisque la majeure partie du poids repose au sol - Dyson évoque 380 g en main. Toutefois, pour le déplacer d’une pièce à l’autre, ou dans un étage par exemple, il faut porter la totalité car aucun système de parking ou de roulettes autre que le rouleau de lavage n’est prévu. D’ailleurs, Dyson recommande de déplacer la tête de lavage dans son bac pour éviter les fuites… On a connu plus pratique.

Le PencilWash ne tient pas debout, ni même dans son support qui n’est pas prévu pour cela.
Le PencilWash ne tient pas debout, ni même dans son support qui n’est pas prévu pour cela. © Alexandra Bellamy pour Capital

Si l’appareil est fin et léger, sa maniabilité n’est pas aussi bonne que celle offerte par le PencilVac. Sa tête de lavage est plus large et épaisse. Et surtout, elle n’est pas omnidirectionnelle dans la mesure où le rouleau tourne dans un seul sens. Pas de motorisation spécifique ici ; le PencilWash est seulement auto-propulsé, ce qui signifie que son glissement sur le sol est facilité par la rotation du rouleau. On profite donc d’une bonne maniabilité, sans être supérieure à la moyenne. Certains aspirateurs laveurs beaucoup plus lourds sont tout aussi maniables grâce à leurs roues motorisées. Néanmoins, la forme du PencilWash facilite le nettoyage autour d’objets irréguliers, notamment courbes.

Une simple rotation du poignet appliquée sur le manche agit sur l’orientation de la tête.
Une simple rotation du poignet appliquée sur le manche agit sur l’orientation de la tête. © Alexandra Bellamy pour Capital

En outre, précisons que si Dyson vante la compacité du PencilWash, on peut s’interroger sur le socle de charge, sur lequel on « plante » le manche, séparé de la tête dans son bac d’égouttage, ce qui occupe plus de place au sol qu’une station multifonction.

Le PencilWash compte deux supports : le socle de charge et le bac accueillant la tête.
Le PencilWash compte deux supports : le socle de charge et le bac accueillant la tête. © Alexandra Bellamy pour Capital

Mauvaise surprise : le remplissage du réservoir écope des mêmes défauts que la brosse Submarine. D’abord, pour y accéder, il faut sortir tout le bloc de la tête (rouleau, collecteur d’eau sale au centre et réservoir). L’ensemble se remet en place via un système de glissière qu’il faut repositionner bien en face, tout en tenant le rouleau qui n’est pas fixé aux deux extrémités.

Pour accéder à tous les éléments de la tête, il faut faire coulisser le bloc en alignant chaque élément.
Pour accéder à tous les éléments de la tête, il faut faire coulisser le bloc en alignant chaque élément. © Alexandra Bellamy pour Capital

On prend le coup de main au bout de plusieurs manipulations mais ça n’est vraiment pas simple et ça l’est encore moins quand tout est mouillé.

De plus, ledit réservoir n’est pas amovible ; il reste solidaire de la base, ce qui n’est pas très pratique. Nous n’avons aucun reproche à adresser à son ouverture, suffisamment large pour le remplir confortablement, mais le bouchon pourrait être plus facile à refermer puisqu’il y a un sens.

Sur le bouchon, il y a un cran à placer en face d’une rainure faute de quoi on ne peut pas le fermer.
Sur le bouchon, il y a un cran à placer en face d’une rainure faute de quoi on ne peut pas le fermer. © Alexandra Bellamy pour Capital

Terminons en évoquant l’écran du PencilWash - ou plutôt l’absence d’écran. Il arbore un afficheur dans son plus simple appareil, indiquant le débit d’eau (une goutte d’eau pour le mode normal, deux pour le mode max) et un voyant orange quand la batterie est faible. Sinon, aucun indicateur d’autonomie n’est présent. Certaines icônes colorées signalent aussi ponctuellement un problème, rien de plus.

Lavage : efficace, malgré un débit d’eau irrégulier (3/5)

La brosse Submarine 2.0 (comme la première) fonctionne selon un principe d’humidification, absorption, puis extraction. Le fabricant promet un lavage hygiénique des sols durs grâce à son rouleau rincé à chaque rotation, ainsi qu’un séchage rapide des surfaces. Le réservoir doit être rempli d’eau froide, éventuellement mélangé avec de la solution de nettoyage Dyson - non fournie. Nous avons donc effectué nos tests à l’eau pure, d’autant que le mode d’emploi n’évoque pas la possibilité d’utiliser d’autres produits.

Dyson a prévu la possibilité de collecter quelques débris secs. Mais s’il s’en sort avec des grains de litière, il n’aime pas beaucoup les cheveux et poils d’animaux qu’il a tendance à étaler sur les sols ou à recracher.

Le mode max ne délivre un débit d’eau plus élevé que pendant quelques secondes.
Le mode max ne délivre un débit d’eau plus élevé que pendant quelques secondes. © Alexandra Bellamy pour Capital

Avant de commencer le nettoyage, il faut en théorie humidifier le rouleau à la main puis l’essorer, comme le suggère le mode d’emploi. Si on se débarrasse de la serpillère pour se retrouver à faire les mêmes gestes avec un appareil coûteux, quel intérêt ? Nous l’avons donc laissé s’humidifier seul ; en mode normal, cela nécessite environ 40 secondes. Deux modes sont proposés, qui font varier le débit d’eau (mais pas la vitesse du rouleau) : un mode normal et un mode max, qui n’est que ponctuel puisqu’il dure 5 secondes (on peut le prolonger jusqu’à 1 min en maintenant le bouton pressé).

Les sols ne sont pas mouillés de façon homogène, la tête de lavage laisse même des traînées.
Les sols ne sont pas mouillés de façon homogène, la tête de lavage laisse même des traînées. © Alexandra Bellamy pour Capital

Nous ne l’avons quasiment jamais utilisé ; les sols sont déjà bien humides. Sur les sols irréguliers comme les carrelages à joints profonds, le PencilWash largue de l’eau dans les creux et peine à laver la partie plane. Et quels que soient les sols, il arrive à la tête de lavage de laisser des traînées irrégulières après son passage, parfois juste quelques gouttes d'eau et parfois carrément de petites flaques. Sur certains sols, on en voit les traces après le séchage. En ce qui concerne les performances de lavage, même à l’eau, il n’y a rien à dire.

La tête ne longe pas totalement les bordures, laissant un espace d’environ 1 cm.
La tête ne longe pas totalement les bordures, laissant un espace d’environ 1 cm. © Alexandra Bellamy pour Capital

Les taches du quotidien partent sans difficulté et le mode max est venu à bout du ketchup séché aisément, sans laisser le sol poisseux. En revanche, la tête ne propose pas encore un lavage véritablement bord à bord.

Niveau sonore : un laveur plutôt discret (4/5)

Dépourvu de fonction d’aspiration, le PencilWash est forcément moins bruyant qu'un aspirateur laveur. Dans le cas présent, nous avons mesuré un niveau sonore de 63 dB, ce qui est tout à fait correct, mais certains laveurs sont encore plus silencieux.

Autonomie : une belle endurance (5/5)

Nous avons mesuré une autonomie bien plus importante qu’annoncé (30 minutes) puisque la batterie nous a permis de laver les sols pendant 1 h 25 min. Naturellement, il est nécessaire de faire des pauses pour remplir le réservoir de 300 ml qui lui, en mode normal, permet un nettoyage pendant environ 16 minutes.

Contrairement au collecteur d’eau sale, invisible, on peut surveiller le niveau d’eau du réservoir.
Contrairement au collecteur d’eau sale, invisible, on peut surveiller le niveau d’eau du réservoir. © Alexandra Bellamy pour Capital

Heureusement qu’il est transparent, puisqu'il faut garder un œil dessus, aucune alerte n’étant prévue quand il est vide.

Entretien : pénible et un collecteur d’eau sale qui ne ferme pas (2/5)

Plus ennuyeux, il n’y a pas non plus d’alerte lorsque le collecteur d’eau sale est plein, il peut même aller jusqu’à déborder… Et surtout, étant donné qu’il est ouvert sur le dessus, quand on déplace la tête de lavage, si on la penche ne serait-ce qu’un peu, le collecteur déborde, imbibant au passage le rouleau. C’est pourquoi Dyson recommande de déplacer l’appareil en deux parties : le manche d’un côté et, de l’autre, la tête calée dans son bac d’égouttage…

De ce fait, nous conseillons de vider le collecteur à chaque remplissage du réservoir. Lors de cette opération, il faut d’ailleurs tout démonter, notamment attraper le rouleau mouillé à pleines mains, ce qui n’est pas agréable même s’il est supposé être propre.

Au niveau de la tête de lavage, le réservoir est solidaire du bloc principal.
Au niveau de la tête de lavage, le réservoir est solidaire du bloc principal. © Alexandra Bellamy pour Capital

Autre reproche : Dyson a prévu une sorte de réglette pour séparer les déchets de l’eau. Elle se trouve sur le dessus du réservoir et n’est pas agréable à vider une fois les saletés mouillées posées dessus.

Notons également que le rouleau s’auto-nettoie à chaque rotation, mais aucun programme de nettoyage en profondeur n’est prévu. Pas de fonction de séchage non plus ; toutefois nous n’avons pas rencontré de problème d’odeurs.

Bon point en revanche, hormis la partie supérieure de la tête, tout le reste est lavable à l’eau. On apprécie aussi que l’application regorge de tutos vidéo pour montrer les gestes d’entretien.

Réparabilité

Pas d’indice de réparabilité sur cette catégorie d’appareils. Mais on peut souligner que la batterie est amovible, donc facile à changer. De plus, tous les éléments - et même les pièces de rechange - sont d’ores et déjà disponibles sur le site de Dyson, alors que l’appareil vient tout juste d’être commercialisé.

Deux alternatives au Dyson PencilWash

Kärcher FC8 Smart SL

Le Kärcher FC8 Smart SL est désormais vendu presque au même prix que le PencilWash. Il est léger, confortable et lave efficacement jusqu’aux bordures.

Dyson WashG1

Même s’il est loin d’être parfait, vous pouvez aussi envisager l’autre laveur de sol de Dyson, le WashG1. Celui-ci a l’avantage d’embarquer un réservoir séparé, ce qui évite de tout démonter pour le remplir.

Conclusion

Le Dyson PencilWash aurait pu reprendre les atouts de l’aspirateur PencilVac et de la brosse Submarine tout en corrigeant leurs défauts. Hélas, il a hérité de quelques bons gènes comme la légèreté, la finesse, la maniabilité et la capacité à se coucher à 170° pour laver sous les meubles. On peut aussi saluer son efficacité de lavage. Mais pour son prix, qui n’est pas si abordable, il compte bien trop de défauts à notre goût. En plus de ne pas aspirer et de ne pas proposer une gestion pertinente des quelques déchets qu’il est capable d’absorber, il a tendance à dispenser de l’eau avec un débit irrégulier, voire à cracher de petites flaques. De plus, son ergonomie est franchement décevante et surtout, son entretien n’est pas simple. Il nous semble notamment insensé de collecter l’eau dans un réservoir qui ne ferme pas et se renverse à la première occasion – surtout sans avoir prévu d’alerte quand il est plein !

Note de la rédaction : 3,1/5

  • Ergonomie : 3/5
  • Efficacité d’aspiration et de lavage : 3/5
  • Niveau sonore : 4/5
  • Autonomie : 5/5
  • Entretien : 2/5

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