Filiale de Google depuis 2014, Nest produit bon nombre d’objets connectés pour la maison : thermostats, enceintes, routeurs Wi-Fi, sonnettes, hubs avec écran et, bien sûr, caméras de surveillance. Fin 2025, Nest renouvelait ainsi sa gamme de caméras extérieures et intérieures avec la Nest Cam Outdoor filaire de 2nd génération et la Nest Cam Indoor filaire 3ème génération. Et plutôt que d'en mettre plein les yeux avec une configuration matérielle à la pointe des technologies actuelles (capteur 4K, motorisation, suivi des mouvements, etc.), Nest a préféré miser sur le savoir-faire logiciel de la maison mère Google en intelligence artificielle.

Au programme donc, la distinction entre êtres humains et animaux domestiques (chiens ou chats), la reconnaissance faciale, la détection des véhicules mais surtout la contextualisation. Selon la marque, Gemini peut ainsi indiquer qu’à telle heure un livreur est venu déposé un colis, qu’un peu plus tard un chat blanc s’est amusé sur le canapé, qu’un membre de la famille a utilisé l’ordinateur, qu’une personne non identifiée vêtue d’un t-shirt vert et d’un pantalon bleu s’est dirigée vers la cuisine, etc. Impressionnant.

Toutefois, ces fonctions ne sont pas encore accessibles de ce côté-ci de l’Atlantique. Google se contente d’annoncer leur arrivée au début de l’année. Le mois de février est entamé et toujours rien. Soit. Ensuite, comme la caméra ne peut traiter une telle quantité de données en local, c’est aux serveurs de Google de s’en charger. Et l’opération n’est pas gratuite. Pour en profiter, il faut souscrire un abonnement Google Home Premium Advanced (18 €/mois ou 180 €/an). L’abonnement Google Home Premium Standard (10 €/mois ou 100 €/an) fait l’impasse sur toutes les fonctions liées à Gemini. Sans le moindre abonnement, la Nest Cam se contente du strict minimum. Voyons s'il elle parvient malgré tout à se hisser parmi les meilleures caméras.

Design : compacte mais pas si pratique (3/5)

La Nest Cam Indoor 3ème gen conserve son aspect compact appréciable pour sa discrétion. Elle ne mesure que 9,8 cm de haut pour 6,4 cm de large et 5,7 cm de profondeur. Comme les modèles précédents, elle est toujours constituée d’un petit dôme qui lui sert de socle. Un minuscule bras métallique supporte le corps de la caméra, lui aussi en forme de dôme (à l’horizontale cette fois-ci). Ce bras n’est pas articulé. Il ne bouge pas d’un millimètre pour autoriser la moindre inclinaison. Dans le corps de la caméra se situe une petite rotule (invisible) pour l’orienter comme on le souhaite… ou presque. L’angle se montre très restreint (une vingtaine de degrés vers le bas seulement pour une trentaine de degrés vers le haut). La rotation à l’horizontale est plus libre (360°). Aussi, il n’est pas évident de choisir judicieusement sa place pour couvrir une pièce en la posant sur un meuble ou une étagère. Google fournit d'ailleurs la visserie nécessaire pour la fixer au mur ou au plafond. Attention cependant, cette Nest Cam Indoor est un modèle filaire. Le cordon USB-C fourni, de 3 m de long, est indissociable de la caméra.

© Fabrice Brochain pour Capital

Enfin, un petit haut-parleur placé à l’arrière et le micro niché juste au-dessus de l’objectif permettent de mener des conversations bidirectionnelles. Impossible d’activer la moindre sirène en revanche. Et, on a beau chercher, aucun emplacement pour une carte mémoire microSD n’est présent. La Nest Cam n’enregistre rien en local. Tout part dans le cloud de Google avec une durée de disponibilité qui varie de 6 heures à 60 jours selon l’abonnement choisi. Dommage.

Ce qui lui manque surtout : un volet mécanique de confidentialité pour masquer physiquement l’objectif lorsque l’on souhaite un peu d’intimité. Il faut donc faire confiance à Google pour que ni son ni image ne soit saisi lorsque l’on désactive la caméra depuis l’appli.

Ergonomie et application : l’essentiel est là (4/5)

Cette Nest Cam de troisième génération s’intègre à l’environnement Google Home et prend place dans l’appli éponyme, disponible sur Android et iOS. Petit bonus : Google Home est également accessible à travers le Web (Google Home) et donc depuis n’importe quel ordinateur ou appareil connecté à Internet. Une possibilité peu répandue chez la concurrence et très pratique.

L’installation de la caméra se révèle très simple. Il suffit de scanner le QR code présent sur l’autocollant posé sur l’objectif pour que l’appareil rejoigne la liste des objets gérés dans Google Home en se connectant au réseau sans fil de la maison Wi-Fi 5 (2,4 GHz et 5 GHz). Attention à ne pas égarer cet autocollant. Il vous sera indispensable si vous changez de réseau Wi-Fi.

© Fabrice Brochain pour Capital

Une fois la caméra connectée, l’image saisie s’affiche. On est un peu dérouté par l’aspect dépouillé de l’interface. Il faut d’abord appuyer sur la vidéo puis sur les points alignés à la verticale dans l’angle de l’image pour accéder aux paramètres. De là, il est enfin possible de procéder à quelques réglages. À commencer par les notifications pour être prévenu des différents événements qui peuvent se produire (présence humaine ou animale, véhicule ou tout autre mouvement). Un réglage particulier attire l’attention : la détection des visages familiers. Une fonction absente sans abonnement (Standard ou Advanced) mais Google a prévu le coup pour vous mettre l’eau à la bouche avec un mois gratuit offert. La caméra peut ainsi reconnaître et identifier les personnes qui traversent le champ. Elle doit d’abord les enregistrer. Impossible d’utiliser une bibliothèque d’images présente dans Google Photos par exemple.

Il est aussi possible d’ordonner à la caméra de s’activer sitôt que l’on quitte le domicile. Les autres réglages habituels pour définir une zone de surveillance (et donc ignorer une partie de l’image) ou encore définir la durée d’historique (les 6 dernières heures seulement avec la version gratuite, 30 jours avec l’abonnement Standard et 60 jours avec la formule Advanced) répondent à l’appel. On note que la durée des séquences est fixée à 10 secondes si l’on ne souscrit aucun abonnement. C’est un peu court.

Dès qu’il se passe quelque chose, une notification surgit à l’écran du smartphone. Elle fournit la nature de l’alerte (détection d’une personne, d’un animal, d’un véhicule ou d’un mouvement) et s’accompagne d’une miniature. La précision augmente avec un abonnement payant puisque les visages, s’ils sont identifiés, sont mentionnés. Un zoom numérique est également opéré automatiquement si nécessaire dans la miniature pour se focaliser sur l’intrus.

© Fabrice Brochain pour Capital

Quant à l’organisation des vidéos enregistrées dans le cloud, elle s’avère plutôt claire. Elle tient un déroulé précis avec la possibilité d’effectuer un tri selon qu’il s’agit de personnes ou de visages, d’animaux, de véhicules ou de mouvements. Il nous est cependant arrivé à maintes reprises de ne pas pouvoir accéder aux vidéos (écran noir, erreur, etc.).

Enfin, il est possible de définir des automatisations. Par exemple, allumer une lumière (connectée et enregistrée dans Google Home) dès qu’une présence est détectée ou basculer sur le mode Désactivé lorsqu’un visage familier est identifié.

Qualité de détection : elle ne laisse presque rien passer (4/5)

La Nest Cam se révèle assez réactive. En pleine lumière, elle n’a éprouvé aucune peine à détecter une présence humaine (et à l’identifier comme telle) à une dizaine de mètres de distance. Pour reconnaître un visage familier enregistré dans sa base de données, il lui faut un peu plus de temps et une distance plus courte (environ 6 mètres) mais elle se trompe rarement. Il lui faut un peu d’entraînement et l’on regrette l’impossibilité de lui désigner des images saisies comme montrant un visage familier (comme c’est le cas sur la Netatmo) afin de lui permettre d’apprendre un peu plus vite. Elle est aussi parvenue à reconnaître les animaux sans difficulté.

© Fabrice Brochain pour Capital

Dans l’obscurité, ses lampes infrarouges prennent le relais avec une bonne efficacité. La détection continue d’être pertinente jusqu’à 6 mètres et l’identification des visages familiers reste fiable jusqu’à 5 mètres. Pour la détection des sons, nous sommes plus dubitatifs. La Nest Cam est censée se mettre en alerte sitôt qu’elle perçoit des voix, des aboiements, du verre brisé ou encore la sirène d’alarme d’un détecteur de fumée ou de monoxyde de carbone. Las, nous avons eu beau claquer des portes, parler très fort à plusieurs mètres sans entrer dans le champ de la caméra, rien à faire. Aucune notification ne nous est parvenue.

Qualité vidéo et audio : du mieux mais pas encore assez (3/5)

La principale évolution matérielle de cette nouvelle Nest Cam tient dans l’augmentation de la définition des images. On a dorénavant droit à des vidéos 2K (2560 x 1440 pixels) au lieu de 1080p précédemment. Ce n’est pas une grande révolution (nombre de modèles concurrents à des tarifs similaires proposent de la 4K) mais suffisant selon Google pour offrir une image propre et détaillée. L’angle de vision atteint quant à lui 152°. La Nest Cam dispose aussi d’un système infrarouge pour la vision nocturne. On note la présence d’une Led en façade qui témoigne de l’activité de l’appareil. Il n’est malheureusement pas possible de l’éteindre. Si les vidéos saisies de jour affichent un débit de 30 images par seconde (très fluides donc), celles tournées la nuit en infrarouge tombent toutefois à 15 images par seconde. Étonnant.

Avec la mire de notre laboratoire, la Nest Cam Indoor ne s’en sort pas trop mal sur une courte distance mais les images manquent de détails. Dans le même exercice, bien des caméras concurrentes, elles aussi équipées de capteurs 2K, délivrent des images plus propres. Ici, il est difficile de bien discerner les petits objets (comme les pinceaux sur la gauche de notre mire) tant le lissage est généreux.

© Fabrice Brochain pour Capital

Les couleurs, quant à elles, restent assez fidèles à la réalité. Malheureusement, plus on s’éloigne de l’objectif, plus le lissage devient intensif et moins les détails deviennent perceptibles. En plaçant la caméra à 2,5 m de la mire et en zoomant dans l’image, la qualité n'est plus du tout au rendez-vous.

© Fabrice Brochain pour Capital

Lorsque la lumière n’est plus suffisante, la Nest Cam Indoor bascule en vision infrarouge. L’opération nous a paru un poil plus longue que pour d’autres modèles mais elle reste raisonnable. Dans ce mode, le constat demeure identique, avec un lissage prononcé masquant les détails, auquel s’ajoute une perte de netteté. Il n’est par exemple plus possible de déchiffrer les petits caractères du plan de Paris sur notre mire.

© Fabrice Brochain pour Capital

Autant de défauts que l’on constate également en conditions réelles. Dans l’image ci-dessous, la caméra est placée face à un mur situé à 3,5 m de distance. Le zoom opéré dans l’image montre un lissage trop prononcé tant de jour que de nuit en infrarouge. Tant pis pour les détails.

© Fabrice Brochain pour Capital

Côté son, la captation demeure assez propre malgré un rendu pour le moins métallique. Attention avec les bruits forts (qui peuvent assez rapidement saturer. Quant au haut-parleur placé à l’arrière, il permet de mener une conversation bidirectionnelle sans heurts.

Réparabilité et durabilité : un appareil solide mais pas réparable (x/5)

Google ne fournit aucun indice de réparabilité pour sa Nest Cam. Comme tous les fabricants de caméras de surveillance, il n’en a pas l’obligation. Par ailleurs, aucune pièce n'est proposée en ligne, à l'exception de supports de montage. Il faudra donc obligatoirement passer par le SAV officiel en cas de problème.

Pour évaluer sa durabilité, nous avons analysé sa construction et son suivi logiciel. La Nest Cam nous paraît assez robuste. Les finitions sont impeccables et le boîtier de la caméra, comme celui du socle, est en plastique dur. La caméra apparaît dense, ce qui est rassurant. Aucune vis n’est visible. Et, en l’absence de moteur pour effectuer des panoramiques, elle devrait relativement bien résister aux chutes. Concernant le suivi logiciel, on peut faire confiance à Google. Même si, durant notre phase de test, et après une mise à jour lors de l’installation, aucun autre correctif n’a été proposé, la marque est toujours sérieuse à ce sujet.

Deux alternatives à Nest Cam Indoor 3ème génération

Eufy S350

Xiaomi Smart Cam C701

Conclusion

Les évolutions matérielles de cette Nest Cam Indoor 3ème génération restent peu nombreuses vis-à-vis de son aînée. Nest a enfin opté pour un capteur de meilleure définition (2K) sans toutefois viser le top du top (4K). Les images délivrées restent acceptables mais on a vu mieux à ce niveau de prix. De nuit, avec le mode infrarouge, la caméra conserve une bonne qualité d’affichage même si le débit vidéo est divisé par deux. C’est donc surtout sur la partie logicielle qu’on attendait la Nest Cam au tournant avec l’intégration de Gemini Home. Mais pour véritablement en profiter, il faudra patienter encore un peu. En l’état, la caméra se montre déjà satisfaisante. Les éléments qui traversent son champ de vision sont correctement reconnus et les visages identifiés avec précision. On aurait cependant apprécié un peu plus de souplesse pour accélérer son apprentissage. La reconnaissance des sons doit par ailleurs être améliorée pour procurer une surveillance optimale. Mais pour tirer le meilleur de cette Nest Cam, il faut y mettre le prix. En l’occurrence 180 euros par an pour profiter réellement de tous ses atouts actuels (et ceux à venir). À ce tarif, elle ne tient pas la route face aux propositions nettement moins coûteuses de Xiaomi, Eufy ou même Netatmo qui ne nécessitent aucun abonnement pour profiter de la reconnaissance faciale.

  • Design : 3/5
  • Ergonomie et application : 4/5
  • Qualité de la détection : 4/5
  • Qualité vidéo et audio : 3/5
  • Réparabilité : x/5

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