Sorte de version miniature de la Bromley 750, la Bromley 450 réaffirme les ambitions du célèbre constructeur britannique Marshall sur le segment des "enceintes festives". Historiquement dominé par JBL et déjà bien occupé par des géants tels que Sony ou LG, celui-ci semble aiguiser les appétits d'un nombre grandissant de constructeurs. Et pour cause, en croissance constante, ce marché pourrait doubler à 2,5 milliards de dollars d'ici 2033, selon le cabinet spécialisé VMR.

Plus compacte mais aussi plus abordable, avec un tarif de 649 euros, la Bromley 450 promet "le même son emblématique" à 360° que sa grande soeur, selon Malcolm Kennedy, directeur de l’audio et de l’acoustique chez Marshall, dans un design particulièrement flatteur qui reprend presque trait pour trait le look vintage des amplis de guitare de la marque. L'autonomie annoncée est également confortable (40h) et la connectivité moderne, sans pour autant oublier les connectiques plus traditionnelles. On peut d'ailleurs y connecter un micro ou un instrument comme, au hasard, une guitare.

Entre sa fiche technique et son look clairement à part sur le marché des enceintes festives, la Bromley 450 constitue une offre alléchante sur le papier. Et en pratique ? Réponse dans notre test complet.

Design : enfin une jolie enceinte festive (5/5)

Pour ses enceintes sans fil grand public, Marshall nous a habitués depuis longtemps à son esthétique proche de ses amplis de guitare. Mais les Bromley vont encore un peu plus loin avec, en plus de la très belle finition imitation Tolex et des potentiomètres, une façade en métal dotée de repères visuels clairement issus de ses amplis.

© Karyl AIT KACI ALI pour Capital

Comme toutes les enceintes festives, Marshall a un cahier des charges en matière de résistance aux chocs et à l'humidité. La Bromley 450 est ainsi certifiée IP55, pour garantir son intégrité face aux éclaboussures, aux verres renversés, et faciliter son nettoyage. La connectique est d'ailleurs protégée par des caches en caoutchouc tandis que les coins de l'appareil sont renforcés. Un niveau de protection correct, supérieur même à ce que propose JBL sur ses PartyBox en matière de résistance à l'eau et la poussière (IPX4 seulement).

Avec des dimensions de 49cm de haut pour 36cm de large et 26cm de profondeur, ainsi qu'un poids de 12kg environ, la Bromley 450 demeure transportable mais sur de courtes distances. Elle est dotée à cette fin d'une poignée, que l'on aurait préféré voir placée sur la partie supérieure de l'enceinte et non sur le côté. Il est en effet moins pratique de devoir l'allonger pour la déplacer, même si cela permet une meilleure répartition du poids. On note aussi l'absence de roulettes et de poignée télescopique façon valise, comme on en trouve sur certains modèles. En revanche, il est possible de lui ajouter une sangle pour la porter à l'épaule (à la verticale) mais cette option n'est pas idéale non plus, vu son poids.

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Apparemment indispensable sur cette catégorie de produits, la Bromley 450 embarque un système d'éclairage afin de pouvoir créer une ambiance lumineuse pendant vos soirées. Celui-ci s'avère limité à une grille de LEDs blanches, plus sobre donc (et élégant) que les lumières multicolores des principaux concurrents. Bien évidemment, différents modes, fixes ou dynamiques, sont proposés et l'éclairage peut se synchroniser avec la musique. Un gadget que certains apprécieront.

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En somme, nous n'avons pas grand chose à reprocher au design de la Bromley 450, si ce n'est sa transportabilité, qui aurait pu être facilitée. En dehors de cela, la finition est exemplaire, le niveau de protection IP suffisant, les matériaux utilisés de bonne qualité et l'éclairage sobre mais sympathique. Surtout, on a enfin une enceinte festive assez jolie pour la laisser trôner au milieu du salon sans ruiner sa déco.

Connectivité : l'alliance de l'ancien et du moderne (4,5/5)

C'est une connectivité très complète qu'offre la Bromley 450, à la fois moderne grâce au sans fil et plus traditionnelle grâce aux différentes connectiques analogiques. Commençons par le sans fil, qui fait l'impasse sur le Wi-Fi (moins adapté à un usage en extérieur) au profit du Bluetooth 5.3 avec LE audio (Auracast et le codec LC3). L'appairage se fait facilement, la connexion est fiable et solide, avec une portée de 70m, et le multipoint fonctionne bien. Néanmoins, en SBC ou AAC, la latence est tout de même perceptible et se traduit par un petit décalage lorsque l'on regarde une vidéo. Le visionnage reste heureusement possible et l'on peut aussi réduire ce décalage en employant le codec LC3 (à condition d'avoir une source compatible). À noter que les codecs haute qualité aptX (et ses dérivés), ainsi que le LDAC de Sony ne sont pas supportés. Dommage. On apprécie à l'inverse la présence d'Auracast pour connecter plusieurs enceintes compatibles (y compris de marques différentes) à la même source audio.

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Passons au filaire. Pour les plus modernes, le port USB-C permet de recharger un téléphone ou de transférer un flux audio numérique, tandis que les plus conservateurs trouveront une entrée auxiliaire analogique en jack 3,5mm, une entrée RCA L/R (pour les DJ notamment) et même une sortie jack 3,5mm pour connecter plusieurs enceintes ensemble en filaire, au lieu d'utiliser Auracast. Enfin, les musiciens ou amateurs de karaoké trouveront également deux entrées (combo XLR/jack 6,35mm) pouvant fonctionner en simultané, soit avec un micro (mic in), soit avec un instrument (Hi-Z).

Nous les avons testées avec une guitare. Elles délivrent un rendu assez propre, mais étouffé si l'on se branche en direct. Le pré-ampli intégré, assez moyen (comme souvent sur ce genre d'enceintes), ne permet d'ailleurs aucune égalisation du son. Les plus motivés pourront utiliser divers accessoires afin d'en faire un vrai petit ampli portable (IR, EQ, pédales...) mais attention car la puissance est limitée. Avec un micro (Shure SM58 dans notre cas), c'est moins bon. Le rendu est métallique, presque robotique, et la puissance toute aussi limitée (des indicateurs permettent de savoir quand le système sature). On apprécie cependant l'effort de Marshall, qui a ajouté quelques modestes effets (delay et reverb). En dépit de leurs limitations, ces entrées restent appréciables pour s'amuser entre amis ou passer un message à ses invités lors d'une soirée.

Prise en main & application : très simple, un peu trop simple (3,5/5)

L'usage de la Bromley 450 est on ne peut plus simple. Le panneau de commandes est clair, découpé en quatre parties. La première sert à allumer ou éteindre l'enceinte (avec le bouton rouge), à choisir une source (le sans fil ou l'une des entrées filaires) et contrôler la musique. Le joystick dévolu à cette tâche est d'ailleurs assez efficace, réactif, à condition de ne pas aller trop vite non plus. Juste à côté se trouve un bouton "M" configurable, mais les options sont vraiment très restreintes, de sorte qu'il se montre assez peu personnalisable et peu utile en pratique.

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La seconde section gère le volume et l'égalisation du son, qui s'avère assez basique puisqu'on ne contrôle que les basses et les aigus. La troisième gère le volume des entrées micros/instruments ainsi que les deux effets disponibles, et enfin la dernière est dédiée au contrôle du système lumineux, avec trois modes disponibles. Juste à côté, on trouve un indicateur de batterie assez précis et plutôt pratique. On ne regrettera donc que la disparition du bouton Sound Character, présent sur la Bromley 750, et qui permettait de compresser plus ou moins la dynamique, l'écart entre les sons forts et faibles, pour gagner en volume général.

L'application de Marshall est à l'image du reste, c'est-à-dire très simple, trop simple cette fois. Car elle ne permet que peu de réglages/contrôles et s'avère donc assez dispensable. Au moins, ça ne coûte rien de l'installer puisqu'elle ne nécessite pas la création en ligne d'un compte Marshall. Celle-ci permet évidemment de réaliser des mises à jour (sa fonction la plus utile), d'activer Auracast (encore en beta), de choisir la source audio utilisée quand on est à distance de l'appareil, paramétrer le bouton "M", activer une minuterie d'arrêt, régler le volume, voir la batterie restante, et c'est tout, ou presque. Le constructeur a aussi ajouté un onglet "Explorer" servant uniquement à son auto-promotion, puisqu'il liste les produits Marshall et renvoie simplement l'utilisateur vers le site du constructeur, au cas où il souhaiterait les acheter. À noter que nous avons eu quelques soucis pour connecter l'application à l'enceinte avec notre Pixel 9 Pro XL. Aucun souci en revanche avec les autres appareils utilisés.

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À défaut de trouver de nouvelles fonctions révolutionnaires, on aurait au moins aimé pouvoir contrôler l'égalisation du son depuis notre téléphone. On ne peut pas non plus contrôler l'éclairage à distance, pas même simplement changer de mode. Dans un registre plus ambitieux, avec une grille de LED comme celle-ci, on aurait aussi pu imaginer de nouvelles fonctions ludiques comme la possibilité de former des motifs personnalisés, ou même des lettres/chiffres. Il n'en est rien.

Performances sonores : elle fait ce pour quoi elle a été conçue (3,5/5)

Comme pour le design, il y a un cahier des charges pour les enceintes festives en ce qui concerne la partie audio, à savoir un son punchy et, surtout, une bonne dose de basses. Pour remplir sa mission, la Bromley 450 peut compter sur deux woofers 40W de 6,5 pouces, quatre haut parleurs large bande 6W de 2 pouces et deux radiateurs passifs de 8 pouces, le tout animé par deux amplis 90W pour les basses et quatre amplis 55 W pour les médiums et les aigus. Une belle panoplie répartie des quatre côtés de l'appareil pour assurer une diffusion du son à 360 degrés, via la technologie "True Stereophonic" de Marshall.

En pratique, la première chose que l'on remarque, c'est que Marshall a en effet mis le paquet sur les basses, voire les infra-bass (à partir de 40Hz). On obtient donc une belle assise, parfaite pour permettre à vos invités de ressentir le "boom" des grosses caisses de batterie pendant qu'ils dansent. En parallèle, les voix, restituées avec beaucoup de corps grâce à des bas-médiums/médiums bien présents, ressortent beaucoup. Il y a d'ailleurs une certaine énergie grâce à un pic dans les haut-médiums, produisant une signature audio globale tout à fait conforme à ce que l'on peut attendre de ce genre d'enceintes, d'autant que la Bromley 450 n'abuse pas des aigus, qui peuvent se montrer fatigants à la longue.

La signature audio de la Bromley 450
La signature audio de la Bromley 450 © Karyl AIT KACI ALI pour Capital

N'allez pas pour autant lui demander de verser dans la subtilité, elle n'est pas faite pour ça. Vous pouvez bien sûr l'utiliser à un volume raisonnable en guise d'enceinte domestique, mais la Bromley 450 est bien moins précise qu'une enceinte sans fil traditionnelle à prix égal. C'est un entre deux, car elle est également moins précise qu'une bonne enceinte de Sono filaire type Yamaha, Electro Voice et consorts.

En fait, si la distorsion globale demeure acceptable même à haut volume (environ 1%), on note tout de même un pic dans les basses sur une bande de fréquences assez importante. Concrètement, cela se traduit par des graves certes présents mais manquant souvent de lisibilité et flous dans les mix complexes. En outre, les aigus sont un peu trop en retrait, occasionnant un manque d'air. Heureusement, on peut améliorer la situation grâce à l'égaliseur intégré sans trop d'effets secondaires sur le niveau de distorsion dans cette zone. Ce n'est pas la même chose concernant l'égalisation des basses, puisque l'appareil semble déjà pousser un peu trop son matériel par défaut. Il faut dire que sa taille contenue n'aide pas.

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En ce qui concerne le son à 360 degrés, le rendu est étonnamment homogène entre l'avant et l'arrière de l'appareil, un vrai atout pour ce genre d'enceinte. C'est un peu moins le cas sur les côtés, mais on salue tout de même une prestation satisfaisante. La dynamique (différence entre les notes fortes et faibles) est également correcte, avec un rendu nuancé sur les styles très dynamiques comme le jazz ou le classique. Enfin, sa puissance est franchement élevée pour son gabarit. La marque annonce un niveau de pression acoustique maximum de 100 dB, ce que nous avons pu vérifier au laboratoire. Nous avons même relevé un maximum de 102 dB.

La finesse n'est donc pas le fort de cette enceinte mais ce n'est de toute façon pas ce qu'on lui demande. En tant qu'enceinte ayant vocation à faire danser vos invités toute la nuit, elle remplit très bien sa mission, fournissant un son assez épais et puissant pour le gabarit. De ce point de vue, c'est donc une réussite, même si la marque a encore une marge de manoeuvre pour améliorer le son, qui mériterait un peu plus de maitrise dans le bas du spectre et un peu plus d'air dans le haut.

Autonomie : une enceinte increvable (5/5)

L'autonomie de cette Bromley 450 est à l'image de ce que propose Marshall sur le marché des casques audio nomades, c'est-à-dire sans commune mesure avec la concurrence. Alors que JBL ne propose guère plus qu'une quinzaine d'heures avec ses modèles les plus premium, les PartyBox 520 et 720, et jusqu'à 18h avec la plus accessible Party Box Stage 320, Marshall annonce plus du double pour cette Bromley 450. Et ce n'est pas une promesse en l'air car à 75 dB, un volume relativement élevé mais que vous voudrez peut-être dépasser selon le lieu de vos événements, nos tests montrent une endurance réelle dépassant légèrement les 40h (sans les lumières, avec les basses et aigus à midi sur les potentiomètres).

La batterie de la Bromley 450
La batterie de la Bromley 450 © Karyl AIT KACI ALI pour Capital

La recharge se fait en 3,5h et 20mn permettent de récupérer 6h d'autonomie. C'est un sans faute dans ce domaine, la Bromley 450 laisse la concurrence loin dans le rétroviseur.

Réparabilité : (3/5)

Non soumis à l'indice de réparabilité ou de durabilité, malheureusement, ce genre d'enceintes est difficile à évaluer sur ce point. On apprécie la possibilité de remplacer la batterie, sans doute le premier élément qui lui fera défaut avec le temps. Encore indisponible à la vente au moment de notre test, la batterie sera prochainement commercialisée au prix de 200 euros environ, selon le site officiel du constructeur. Aucune autre pièce ne semble accessible en ligne.

© Karyl AIT KACI ALI pour Capital

Vous n'aurez sans doute pas d'autre choix que de passer par le SAV de votre distributeur ou de Marshall en cas de panne. Rendez-vous alors sur le site de la marque où il faudra passer par un chatbot pour contacter le SAV. Le parcours client n'est donc pas idéal, selon nous. On préfère connaître le coût des réparations courantes à l'avance, qu'un formulaire encadre directement la procédure, ou encore mieux : que les pièces les plus critiques soient disponibles en ligne, pour les bricoleurs. On a connu mieux en matière de réparabilité, mais cela reste assez standard sur ce segment de marché.

Les deux meilleures alternatives

JBL PartyBox 520 : la concurrente directe

Marshall Bromley 750 : le gabarit supérieur

Conclusion

La Marshall Bromley 450 est une belle réussite. Puissante pour le gabarit et suffisamment chargée en graves, elle remplit très bien le rôle pour lequel elle a été conçue, à savoir faire vibrer vos invités au rythme de la musique pendant vos longues soirées d'été. Certes, ce n'est pas la reine de la subtilité et on aurait apprécié des basses mieux maitrisées, mais c'est un reproche qui vaut pour pas mal d'autres concurrentes. La Bromley conserve par ailleurs deux avantages non négligeables sur l'ensemble du marché. D'abord, son design de petit ampli de guitare, unique et très bien fini, lui permettant de s'intégrer facilement dans votre salon sans ruiner votre déco. Ensuite, elle n'est pas seulement plus autonome que les autres, elle pulvérise la concurrence dans ce domaine en proposant pas moins de 40h de fonctionnement sur une charge. Une enceinte increvable, et tout cela pour un prix conséquent, mais pas disproportionné. Bref, une proposition très cohérente de Marshall sur un segment pourtant déjà bien occupé par les poids lourds de l'audio.

  • Design : 5/5
  • Connectivité : 4,5/5
  • Prise en main & application : 3,5/5
  • Performances sonores : 3,5/5
  • Autonomie : 5/5
  • Réparabilité : 3/5

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