A la sortie du centre des congrès bordelais Hangar 14, où chaque année les professionnels du vin se retrouvent pour déguster les primeurs de Bordeaux, Fabrice Bernard ne cache pas son enthousiasme. Le patron de la maison de négoce Millésima ne tarit pas d’éloges sur ce qu’il vient de déguster. «Le millésime est de très grande qualité, complet. Les vins sont bons dès maintenant et disposent d’une immense capacité de garde.» Si les professionnels n’osent plus dire qu’il s’agit du millésime du siècle, terme qu’ils ont utilisé plus qu’à l’envi au cours des vingt dernières années, nombreux sont ceux à le comparer à 1982, une année mythique.

De quoi faire naître l’envie parmi les amateurs de grands crus bordelais. Avec le secret espoir de réaliser au passage une belle affaire financière. Mais est-ce encore vraiment possible? «2022 sera vraisemblablement très spéculatif, risque Hubert de Boüard de Laforest, copropriétaire de Château Angélus, à Saint-Emilion, et consultant pour de nombreux domaines. Dans un grand nombre de propriétés, les quantités sont faibles, il n’y aura pas suffisamment de vins pour satisfaire la demande. Il y a donc tout à parier que dans trois ans le vin vaudra plus cher qu’en primeur, car la demande sera plus forte que pour les autres millésimes.»

La suite est réservée aux abonnés
Abonnez-vous à Capital Profitez de -40% sur votre abonnement annuel standard
  • Accès à tous les articles réservés aux abonnés
  • Le magazine en version numérique
  • Sans engagement