Avec la fin du support de Windows 10, la migration vers Windows 11 s'accélère. Et avec elle, les interrogations autour de la gestion des pilotes refont surface. En consultant le gestionnaire de périphériques ou Windows Update, vous êtes peut-être tombé sur des composants estampillés 2006, 2017 ou 2018. De quoi s'interroger sur la fiabilité du système, surtout après une mise à jour majeure. Sauf que tout cela répond à une logique bien précise, que Redmond vient enfin d'expliquer dans un document de support technique. Première chose à noter : tout va bien, laissez-vous porter et installez les derniers pilotes proposés, même s'ils vous paraissent datés. Voici pourquoi.

La date d'un pilote ne veut (presque) rien dire

Premier malentendu à dissiper : la date affichée dans les propriétés d'un pilote n'a strictement aucune valeur technique. Elle est fixée librement par le fabricant du périphérique, sans contrainte particulière. Microsoft le dit sans détour dans sa FAQ officielle : "La date du pilote est une information descriptive définie par le fournisseur de pilotes et peut être n'importe quelle date de son choix."

Pourquoi ? Pour des raisons de compatibilité avec d'anciennes éditions de Windows, ou simplement pour respecter des conventions internes aux fabricants. Résultat, un pilote noté 2006 peut parfaitement être la version la plus adaptée à votre configuration en 2025. Et Windows Update ne se laisse pas berner par cette information purement cosmétique.

Ce qui compte vraiment, ce sont les données de ciblage intégrées dans les fichiers des pilotes eux-mêmes. Ces métadonnées invisibles définissent les conditions précises dans lesquelles le pilote doit être installé : compatibilité matérielle, stabilité, performances.

Windows Update s'appuie sur ces critères pour identifier le pilote offrant le meilleur compromis selon votre appareil. Autrement dit, le système ne cherche pas à installer la version la plus récente, mais celle qui fonctionne le mieux. Un système de "ciblage" qui explique pourquoi un pilote plus ancien peut être préféré à un autre présenté comme plus moderne sur le site du fabricant.

Pour compliquer encore les choses, les pilotes développés par Microsoft sont systématiquement antidatés au 21 juin 2006, soit avant la sortie de Windows Vista. Quant aux pilotes Intel, ils portent la date du 18 juin 1968, jour de la création de l'entreprise. L'objectif ? Laisser la priorité aux pilotes fournis par les fabricants, quitte à ce qu'ils paraissent plus anciens. Cette astuce permet aux différentes catégories de pilotes — ceux de Microsoft, ceux des constructeurs de composants et ceux des fabricants de PC — de cohabiter dans la base de Windows Update sans s'écraser mutuellement.

Ces doublons qui n'en sont pas

Autre source de confusion récurrente : l'installation de plusieurs pilotes au nom quasi identique. Là encore, tout est calculé. La conception moderne des périphériques fragmente délibérément les fonctionnalités entre plusieurs pilotes distincts. Cette architecture est motivée par des considérations d'efficacité technique. Certains appareils reposent sur plusieurs composants logiciels pour gérer des fonctions séparées : un périphérique audio peut nécessiter un pilote pour le traitement du signal, un autre pour l'interface de contrôle, un troisième pour la gestion énergétique.

Résultat, plusieurs pilotes liés peuvent être installés simultanément, chacun assurant une tâche différente. "Windows comprend quand installer ces différents pilotes, même si les numéros de version semblent plus anciens ou même dupliqués", précise Microsoft. Le système d'exploitation dispose, en effet, de métadonnées invisibles qui lui permettent de distinguer ces pilotes malgré leur apparente similitude.

Si le gestionnaire de périphériques semble parfois "yoyotter" lors du téléchargement et de l'installation des mises à jour, c'est donc simplement parce que Windows Update applique les règles des fabricants pour que chaque composant bénéficie du bon support logiciel. Même si, à l'écran, le résultat peut paraître chaotique.

Un affichage plus clair à venir, mais la logique reste la même

Microsoft en profite également pour annoncer un nettoyage de la présentation des pilotes dans Windows Update. Le service affiche désormais le nom de l'éditeur et le numéro de version, pour plus de transparence. Les anciens pilotes, eux, continueront d'afficher leur format historique jusqu'à leur remplacement progressif.

Reste que pour certains périphériques spécialisés — cartes graphiques et composants audio en tête — l'installation manuelle depuis le site officiel du fabricant demeure la méthode recommandée. Mais pour le reste, Windows Update fait le travail, même si ses choix peuvent paraître déroutants au premier abord.