Peu le savent mais le terme NFT, acronyme de non fungible token, n’est apparu qu’en 2017 lors de l’introduction sur la blockchain ethereum du standard technologie ERC-721, permettant d’enrichir des tokens par des données. Auparavant, il était question de crypto collectible ou crypto art. Et ce n’est pas sur Ethereum que les premiers sont apparus, mais sur la blockchain Namecoin en 2014, aujourd’hui quasiment à l’abandon. Très vite, d’autres expérimentations ont eu lieu sur la blockchain Bitcoin, notamment avec le protocole Counterparty, couche hybride similaire à un réseau secondaire (ou layer-2).

De nombreux développeurs investissent alors le réseau et multiplient les projets : le plus connu, les Rare Pepe, ces cartes à l’effigie de Pepe The Frog, une grenouille créée dans les années 2000 par Matt Furie et popularisée dans des mèmes sur les forums communautaires de Myspace à 4Chan. De façon parodique, les cartes illustrent des figures iconiques de la crypto, comme le vrai-faux Satoshi Nakamoto, ou de la pop culture, comme le Donald Trump pre-Maison-Blanche, en les grimant dans le vert de Pepe The Frog. Malgré la technologie lente du réseau Counterparty, l’engouement est réel. Parmi certains créateurs de ces cartes, on retrouve le franco-suisse Nicolas Sierro.

Spell of Genesis et Rare Pepe, les premiers grands succès NFT

Ingénieur de formation, chef de projet dans le numérique, il découvre la blockchain en 2014. “Bitcoin était très porté sur la finance, ce n’était pas très sympa et je n’étais pas intéressé par les autres blockchains utilitaires, liées à l’énergie, à la traçabilité”, explique t-il de son bureau romand à 21 Millions. Lui veut s’amuser. Il fait la rencontre de Shaban Shaame, auteur d’un des premiers jeux de cartes à échanger sur iPhone, très fructueux au Japon. “Shaban estimait que les premiers utilisateurs d’un jeu participaient à son succès et méritaient donc une récompense”, poursuit Nicolas Sierro. “Il a donc créé BitCrystals”. Une cryptomonnaie pour récompenser les fans, et financée grâce à un crowfunding en crypto, une ICO ou à l’époque token sale. Une vente qui permet de financer un jeu de cartes sur blockchain, Spells of Genesis. À ce moment-là, Nicolas Sierro rejoint pour de bon l’aventure. Là encore, c’est un succès et certaines cartes s’échangent à des sommes dépassant la dizaine de milliers d’euros. “Nous avons en grande partie créé cet écosystème sur Counterparty. Spells of genesis reste un jeu vidéo très compétitif, à même de séduire le joueur même si ce n’était pas facile, il faut être fanatique ou déjà dans le numérique pour apprendre à se servir de Counterparty”, se remémore-t-il.

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