C’est une annonce qui était loin de faire l’unanimité. Depuis le 1er mars, dans le cadre du budget de la Sécurité sociale pour 2026, la majoration des allocations familiales n’est plus versée dès les 14 ans de l’enfant, mais à partir de ses 18 ans. Alors que jusqu’à présent, les familles pouvaient percevoir un complément mensuel compris entre 18,88 et 75,53 euros par enfant en fonction de leurs ressources, cette réforme est un coup dur pour certaines familles. En effet, selon les cas, la perte peut dépasser les 3 635 sur quatre ans.

Une modification des règles qui a suscité l’ire de l’Union nationale des associations familiales (Unaf), qui a décidé de déposer un recours en annulation devant le Conseil d’État ce mardi 24 mars, rapporte BFMTV. Dans un communiqué, l’institution engagée avec et pour les familles fustige ainsi une «quasi suppression de cette majoration» avec à la clé «de lourdes pertes pour les familles», les cas permettant de bénéficier de ce coup de pouce devenant «résiduels» avec cette réforme. De plus, le décret ne tiendrait pas compte du surcoût de chaque adolescent pour ses parents, que ce soit pour sa scolarité ou encore pour se vêtir, déplore l’Unaf.

Plusieurs millions d’euros à la clé pour le gouvernement

Pour appuyer ses propos, l’Unaf a décidé de prendre l’exemple d’une famille fictive de quatre enfants et modeste. Ainsi, avec cette réforme, les deux enfants les plus âgés, nés avant le 1er mars 2012, restent concernés par cette majoration. Quant aux deux derniers, ils ne seraient plus concernés par cette aide, soit un manque à gagner estimé à 10 800 euros. Considérant donc ce décret à la fois «disproportionné» et «injuste» pour les familles, l’Unaf demande donc purement et simplement au Conseil d’État de l’annuler.

De son côté, le gouvernement, lui, assume ce recentrage avec pour objectif plusieurs millions d’euros d’économies afin de financer le nouveau congé de naissance. En effet, l’exécutif estime que ce décalage dans l’âge de la majoration permettra dès 2026 de réaliser 210 millions d’euros d’économie, puis 1,2 milliard d’euros par an d’ici les quatre prochaines années.