Juan Luis Cipriani avait été contraint à l'exil il y a six ans dans son pays d'origine, le Pérou, par le pape François. Indésirable au Vatican après des accusations d'agression sexuelle, l'archevêque de Lima fait cardinal en 2001 par Jean-Paul II, avait également interdiction de s'exprimer médiatiquement et de porter l'habit pourpre emblématique des cardinaux. Mais des associations de victimes de violences sexuelles dans l'Eglise ont repéré sa présence au Vatican, devant les caméras braquées sur la mort de François le mois dernier.

Le cardinal péruvien est accusé d'avoir agressé un adolescent il y a plus de 40 ans. En janvier, rapporte TF1, le Vatican avait confirmé que des «mesures disciplinaires spécifiques liées à l'activité publique, au lieu de résidence et à l'utilisation d'insignes» avaient été imposées à Cipriani, qui les avait «signées et acceptées». Alors pour le Réseau péruvien des survivants, sa présence au Saint-Siège est «un message inquiétant qui mine la confiance dans les critères de choix du prochain pontife».

«Je n'ai commis aucun crime» affirme Juan Luis Cipriani

Sur les images repérées par les associations, Cipriani porte une soutane noire ceinturée de rouge et une croix pectorale, qu'il avait pourtant interdiction de revêtir. Dans une lettre publiée dans les médias péruviens en janvier, l'homme de 81 ans affirme que le pape François lui avait permis en 2020 de «reprendre ses fonctions pastorales» : «Je n'ai commis aucun crime et je n'ai abusé sexuellement de personne, ni en 1983, ni avant, ni après» écrit-il. Selon le journal espagnol El Pais, la victime de l'homme d'Eglise, un homme âgé de 58 ans, l'accuse de l'avoir «touché, caressé et embrassé» alors qu'il était adolescent.

Mais malgré sa présence au Vatican, Juan Luis Cipriani ne pourra pas participer au conclave qui désignera le prochain pape, en raison de son âge – la limite étant fixée à 80 ans. Il a cependant le droit d'assister aux réunions préparatoires. Celle de lundi comptait dans son ordre du jour, la lutte contre les violences sexuelles. Le pape François l'avait présentée comme l'une des priorités de son pontificat. Comme le rappelle TF1, il a sanctionné des prélats et rendu obligatoire la dénonciation d'éventuels crimes ou tentatives de dissimulation, sauf dans le secret de la confession, le prêtre étant encouragé à pousser le fauteur à se dénoncer lui-même.