Dans le film de Nanni Moretti Habemus Papam (2011), Michel Piccoli se glissait dans les habits du nouveau pape élu, refusant d'assurer ses fonctions et pris d'une crise de panique le poussant à prendre la fuite. Le cardinal Cristobal Lopez Romero, lui, a pris les devants : il a renoncé publiquement à l'élection, afin de s'assurer qu'il ne serait pas choisi à l'issue du conclave de mercredi. «Si je suis élu, je m'enfuis en Sicile» a-t-il déclaré samedi. Et de se justifier auprès du quotidien Il Messaggero : «Je n'ai absolument aucune ambition. Je ne pourrais jamais m'imaginer dans ce rôle».

Cristobal Lopez Romero ne figurait pas parmi les favoris, note BFMTV. Mais quelques jours, voire quelques heures avant son élection en 2013, Jorge Mario Bergoglio – devenu pape François – ne l'était pas non plus. Alors, le cardinal de 72 ans a préféré se retirer, malgré sa proximité idéologique avec le souverain pontife décédé. Il va même plus loin pour expliquer son choix : «Ceux qui désirent» accéder aux fonctions pontificales «sont poussés par la soif de pouvoir».

Les 133 cardinaux électeurs se réuniront mercredi dans la chapelle Sixtine pour le début du conclave

Les 177 cardinaux se sont réunis samedi pour la neuvième fois en «congrégation générale». Ce lundi, deux réunions sont à nouveau prévues pour mettre sur la table les différents dossiers que le Vatican souhaite prioriser. Samedi matin, il était notamment question de communion, de solidarité entre Églises et du rôle de la Curie. Les 133 cardinaux électeurs (ceux âgés de moins de 80 ans) s'enfermeront dès mercredi pour le conclave, jusqu'à ce qu'un nom recueille une majorité des deux tiers et que la fumée blanche s'élève du toit de la chapelle Sixtine. Une seule chose est sûre : ce ne sera pas Cristobal Lopez Romero.