Les demandeurs d’emploi peuvent pousser un ouf de soulagement. Après l’abandon du projet de nouvelle réforme de l’assurance chômage porté par Gabriel Attal, la ministre du Travail, Astrid Panosyan-Bouvet, a enterré une autre mesure annoncée par l’ancien Premier ministre lors de son discours de politique générale, le 30 janvier dernier : la suppression de l’allocation de solidarité spécifique (ASS) et la bascule des bénéficiaires de cette prestation vers le RSA. Une opération qui aurait pénalisé les allocataires de l’ASS en matière de retraite.

L’allocation de solidarité spécifique «ne sera pas supprimée», a assuré Astrid Panosyan-Bouvet dans une interview accordée à Ouest France, ce vendredi 4 octobre. «J’ai demandé - et obtenu - qu’on sorte cette allocation de toutes les discussions budgétaires et qu’on ne la supprime pas en l’état. Il faut savoir que la moitié des allocataires de l’ASS vit en dessous du seuil de pauvreté. Une moitié a aussi plus de 50 ans», a détaillé la ministre du Travail dans le quotidien régional, faisant ainsi référence à un sujet qui est désormais l’une de ses priorités : l’emploi des seniors.

Une aide destinée aux chômeurs dits «en fin de droit»

Si vous ne le savez pas déjà, l’ASS prend le relais de l’allocation chômage classique (l’aide au retour à l’emploi ou «ARE») quand les droits des demandeurs d’emploi à cette dernière se terminent. C’est pour cela qu’on parle d’une prestation destinée aux chômeurs «en fin de droit». Le montant de l’ASS, qui peut être perçue pendant 6 mois renouvelables sous certaines conditions d’activité et de ressources, s’élève à 19,01 euros par jour (9,51 euros à Mayotte).

Depuis l’annonce de Gabriel Attal, le sort réservé à cette aide était encore incertain. Car Catherine Vautrin, l’ancienne ministre du Travail, s’était contentée d’indiquer que «la suppression de l’ASS n’est plus à l’ordre du jour» début juin, lors d’une réunion avec les associations signataires du pacte des solidarités pour lutter contre la pauvreté. Sans préciser s’il s’agissait d’un simple sursis ou d’un abandon total de la mesure. C’est donc la dernière option qui aura finalement été retenue.

Pour information, des dépenses de l’ordre de 1,65 milliard d’euros étaient anticipées dans le budget 2024 pour le versement de l’allocation de solidarité spécifique cette année, dans le but d’indemniser 245 985 allocataires en moyenne annuelle, soit 12% de moins qu’en 2023.