«Après dix ans d’hiver lié à Fukushima, revoici le début du printemps.» Jean-Bernard Lévy, le patron EDF, reprend espoir. En ce début février, Emmanuel Macron est en visite à l’usine de Belfort où sont fabriquées les turbines à vapeur qui équipent les centrales nucléaires. Le président en profite pour confirmer sa volonté de relancer le programme nucléaire, avec la construction de six nouveaux réacteurs EPR à partir de 2027. Le P-DG d’EDF attendait cette annonce depuis longtemps. Mais comme souvent avec l’Etat, il y a un hic. Dans le package et en échange d’un nouveau chèque de 2,7 milliards d’euros, EDF est prié de bien vouloir racheter à General Electric les turbines Arabelle produites sur le site. L’électricien national n’en voulait pas.

Reprendre cette activité cédée en 2014 par Alstom, alors qu’Emmanuel Macron était ministre de l’Economie ? EDF a bien d’autres priorités que de gérer cette énième volte-face de l’Etat dans sa politique énergétique. Depuis dix ans, EDF navigue en effet à vue, ballotté entre un Etat stratège sans véritable cap et un Etat actionnaire qui l’essore quand tout va bien ou la perfuse quand ses comptes plongent dans le rouge. Durant son dernier quinquennat, Emmanuel Macron, tiraillé entre les exigences de Nicolas Hulot au début et la crise énergétique à la fin, a tardé à clarifier la feuille de route. Alors qu’EDF affiche 43 milliards d’euros de dette et voit se profiler une montagne d’investissements, voilà que l’idée de renationaliser l’entreprise revient en force.

La suite est réservée aux abonnés
Offre spéciale -30% avec le code HIVER26
  • Accès à tous nos articles pour comprendre l’économie
  • Des conseils pratiques et solutions concrètes pour gérer vos finances
  • Lecture immersive, publicité limitée
  • Sans engagement