La colère gronde chez les pharmaciens. Sur des groupes de professionnels du secteur sur les réseaux sociaux, des gérants d’officines appellent à boycotter la campagne de vaccination 2025 contre le Covid-19. Certains annoncent déjà qu’ils ne commanderont pas de flacons afin de protester contre la baisse du plafond des remises commerciales sur les médicaments génériques, annoncée par le gouvernement.

Jeudi 18 septembre, lors des mobilisations intersyndicales, 85% des pharmaciens avaient fermé boutique. Une initiative qui s’était déjà répandue chez plusieurs gérants d’officines durant l’été. Cette fois, certains veulent aller plus loin en menaçant la campagne de vaccination contre le Covid-19, qui débute le 14 octobre prochain, mais aussi contre celle de la grippe. La démarche a été directement condamnée par le Conseil national de l’ordre des pharmaciens ainsi que les deux syndicats représentatifs de la profession.

L’appel au boycott «se répand telle une traînée de poudre»

«À titre personnel et au titre de l’Ordre, je ne pense pas que ce soit une bonne idée de prendre en otage les patients. Le législateur nous a confié des missions importantes de santé publique, et justement d’amélioration de la couverture vaccinale», a notamment déclaré Carine Wolf-Thal, présidente, du Conseil national de l’ordre des pharmaciens.

Pour Philippe Besset, le président de la Fédération des pharmaciens d’officine (FSPF), syndicat majoritaire de la profession, «c’est un moyen de maintenir la pression» afin d’obtenir la suppression de l’arrêté réduisant les remises commerciales sur les médicaments génériques, plafonnés à 30% depuis le 1er septembre 2025. Mais son effet est «contre-productif pour le mouvement de mobilisation lui-même». «On se fait déborder par notre base» et l’appel au boycott «se répand telle une traînée de poudre», a également prévenu Cyril Colombani, porte-parole de l’Union de syndicats de pharmaciens d’officine (Uspo).