
Faire d’une crise géopolitique, une opportunité climatique, tel est le mantra du gouvernement. Ce vendredi 10 avril, alors que le conflit au Moyen-Orient «affecte directement» la France sur le plan de l’approvisionnement en carburants et en gaz, le Premier ministre a énoncé plusieurs mesures fortes à propos de la stratégie énergétique française. Celle qui va certainement faire le plus réagir est «qu'il ne sera plus possible d'installer des chaudières au gaz dans des constructions neuves» dès la fin de l'année 2026, a annoncé Sébastien Lecornu.
Si l'interdiction des chauffages au gaz existe déjà pour les logements individuels neufs, ce n’était pas encore le cas pour les bâtiments collectifs ou tertiaires, comme les locaux commerciaux et les entrepôts. Pour se faire, «toutes les aides publiques pour les particuliers accompagneront l'installation de pompes à chaleur pour remplacer les chaudières au gaz et au pétrole», présente Sébastien Lecornu, ciblant les ménages les plus modestes, ceux notamment des logements sociaux. «Une famille chauffée au gaz, quand les prix montent, elle ne peut que subir», insiste-t-il, en rappelant les conséquences de la guerre au Moyen-Orient et la dépendance de la France à ces énergies carbonées.
Une électrification de la France «pour la rendre plus indépendante»
«La France a un atout, une électricité produite sur son sol » d’origine principalement nucléaire, a fait valoir le Premier ministre au début de cette prise de parole. C’est pour cela que le gouvernement veut «remplacer le pétrole et le gaz par de l’énergie» tout en promettant de «n’abandonner personne» dans son plan d’électrification. Ainsi, l’objectif du gouvernement est d’inverser d’ici 2030 la tendance, en passant de 60% de pétrole et de gaz dans la consommation finale d’énergie à 60% d’énergie décarbonée.
«Nous allons organiser cette transformation territoire par territoire [...] en évitant une planification centralisée, qui viendrait d'en haut, c'est-à-dire seulement depuis Paris», a poursuivi Sébastien Lecornu. Cent premiers territoires seront alors sélectionnés pour s'engager d'ici à 2030 dans une trajectoire «zéro gaz» avec un accompagnement complet. Au total, deux millions logements sociaux sortiront du gaz d'ici à 2050.



















