Le gouvernement s’apprête à détailler une nouvelle série de mesures face à la flambée des prix du carburant. Selon Matignon, le «nouveau paquet» d’aides sera présenté jeudi 21 mai par Sébastien Lecornu, lors d’une conférence de presse consacrée aux conséquences de la guerre au Moyen-Orient. Ces dispositifs, attendus pour juin, cibleront en priorité les secteurs les plus exposés à la hausse des prix de l’énergie. Ils visent à «protéger les Français qui travaillent et les secteurs économiques les plus touchés des effets de la hausse des prix du pétrole et des produits dérivés», précise le ministère dans un message adressé à la presse, selon Libération.

Depuis le début du conflit, l’exécutif privilégie une stratégie d’aides ciblées, dans un contexte budgétaire contraint et de croissance fragilisée. Le gouvernement exclut toute baisse générale de fiscalité sur les carburants, et assume une logique de soutien au cas par cas. «Le gouvernement n’est pas là pour faire des aides généralisées», a rappelé dimanche sur France 3 le ministre de l’Economie Roland Lescure, ajoutant que le «quoi qu’il en coûte, c’est terminé». Selon lui, les dispositifs sont désormais concentrés sur les publics les plus exposés, avec une modulation selon «l’intensité de la crise».

Les prix à la pompe atteignent un nouveau record

La décision d’annoncer ces aides intervient alors que les prix des carburants enregistraient dimanche des niveaux record depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. Le litre de SP95-E10 s’affichait en moyenne à 2,046 euros, soit environ 33 centimes de plus qu’au 27 février, veille des premières frappes israélo-américaines sur l’Iran, selon un calcul de l’AFP. Sur la période, la hausse atteint près de 19%.

Le SP98 s’établissait pour sa part à 2,139 euros le litre, d’après une moyenne portant sur 7 218 stations. Cela représente une augmentation d’un peu plus de 31 centimes par rapport au 27 février, soit une progression de plus de 17% sur la période. Le gouvernement indique également que les effets de la hausse se traduisent par une baisse de la consommation, évaluée à environ 30% sur les dix premiers jours de mai, ce qui réduit les recettes fiscales liées à l’énergie.

Des dispositifs déjà déployés pour les secteurs les plus touchés

Plusieurs mesures ont déjà été mises en œuvre ces dernières semaines, comme le «prêt flash carburant» destiné au secteur du BTP, ou encore des aides à la trésorerie pour les chauffeurs de taxi. Par ailleurs, Bercy a mis en ligne un simulateur permettant de vérifier son éligibilité à une indemnité carburant de 50 euros, destinée aux travailleurs modestes effectuant de longs trajets.

Le gouvernement doit également préciser dans les prochaines semaines les 6 milliards d’euros d’économies annoncés en avril, dans un effort de maîtrise des finances publiques face à la crise énergétique et aux tensions géopolitiques.