Après un début d’année à l’équilibre, l’inflation repart de plus belle depuis deux mois. Affichée à 1,7% en mars, l’inflation bondit au mois d’avril, selon l’Insee, à 2,2%, une hausse qui s’explique notamment par la forte accélération des prix de l’énergie (+14,2% sur un an après +7,4% en mars). Evidemment, les produits pétroliers sont en première ligne. Dans le même temps, les prix des services augmentent légèrement sur un an tandis que ceux de l’alimentation ralentissent, progressant certes de 1,3%, mais en recul par rapport au mois de mars (1,8%).

Dans le détail, les produits frais sont en hausse, mais le tabac et les produits manufacturés restent à l’équilibre. Quoi qu’il en soit, ce niveau d’inflation est le plus haut depuis juillet 2024 où il était alors à 2,3%. Dans le même temps, le Produit intérieur brut (PIB) est resté stable, selon l’Insee, qui détaille pourquoi il marque le pas au premier trimestre, après +0,2% au quatrième trimestre 2025. Pour l’institut statistique, la demande intérieure finale (hors stocks) est «atone» et la consommation des ménages recule.

Net repli des exportations

En outre, la contribution du commerce extérieur à la croissance «est fortement négative» avec un repli des exportations (-3,8% après +0,8%) et les importations reculent de nouveau (-1,7% après -0,8 %). L’Insee note aussi que la production totale est «peu allante» au premier trimestre. Si la production de services marchands ralentit, celle des services en information-communication accélère. En revanche, la production chute dans la construction tant dans le bâtiment que dans les travaux publics, entraînée par le repli de l’investissement.

C’est également le cas pour la production en énergie, eau et déchets en forte baisse (-1,8%). En revanche, la production dans l’industrie manufacturière redémarre (+0,7%). De quoi laisser planer le doute sur un retour de la croissance, souligne BFM, car ces chiffres montrent que l’économie décevait avant le déclenchement du conflit au Moyen-Orient. La Banque de France tablait sur une croissance de 0,3% au premier trimestre, mais l’Insee table déjà seulement sur 0,2%.