
La guerre au Moyen-Orient va-t-elle faire du mal au portefeuille des Français ? Depuis le début du conflit, une chose est sûre : le prix des carburants a bondi sous l’effet de la flambée des prix des barils de pétrole. D’ores et déjà, l’Etat a annoncé qu’il ne comptait pas mettre en place d’aide pour les Français sur le prix des carburants. Parce qu’il ne veut pas ? Non, selon Marc Touati. Interrogé sur Europe 1, l’économiste souligne que si «on a l'impression que l'Etat ne fait rien d'un point de vue économique, c'est parce qu'il n'a pas les moyens de le faire».
Pour Marc Touati, quand on «réduit les recettes, il faut également réduire les dépenses». Et l’économiste de tancer : «Mais comme on n'arrête pas d'augmenter en permanence les dépenses publiques, notamment les dépenses de fonctionnement, ça devient dramatique.» Le problème, c’est que cette politique et ces hausses successives font peser un lourd danger pour les Français : «Ça va se répercuter sur tous les prix. J'ai fait une petite simulation, dans quelques mois on va avoir une inflation qui va dépasser les 3% en France», alerte-t-il.
Les conséquences de l’augmentation des dépenses publiques
Et si l’inflation devait de nouveau bondir, aux alentours de 3% donc, la situation serait catastrophique a insisté Marc Touati sur Europe 1 : «Les ménages sont pris déjà à la gorge, le chômage est déjà en train d'augmenter, les faillites d'entreprises atteignent des sommets historiques... Donc imaginez ce qui va nous arriver demain.» Mais l’économiste, président fondateur du cabinet ACDEFI, considère finalement que la crise met en lumière la mauvaise gestion des finances publiques françaises.
«Même quand tout va bien, l'Etat n'arrête pas d'augmenter les dépenses publiques, il n'arrête pas d'augmenter sa dette publique pour rien, parce qu'on sait très bien que cette augmentation de la dette publique ne génère pas d'activité économique, ne génère pas de croissance», a-t-il énuméré. Marc Touati invite à «repenser complètement les dépenses publiques » afin de «sauver la France», mais il n’est pas étonné que l’on «paye ces erreurs».
Quelques heures plus tôt, il avait été encore plus alarmant au micro d’Europe 1, suggérant que la France allait «connaître (sa) plus grave crise économique et financière depuis la récession de 2008-2009». Pourquoi ? Parce que les caisses sont vides : «En temps normal, un pays qui a les moyens d'affronter cette crise peut éventuellement relancer la machine, faire une relance. Sauf que nous, on a déjà tout gaspillé.»




















