Apprendre, à 70 ans, que l’on est considéré comme mort alors que l’on est en pleine possession de ses moyens peut faire un choc. C’est pourtant ce qui est arrivé à un habitant du Nord, raconte RTL. La faute à une grossière erreur de la Sécurité sociale qui l’a confondu avec un autre homme, un homonyme, lui décédé et donc radié. Comment l’a-t-il découvert ? Tout simplement en se rendant à la pharmacie. A l’origine, alors qu’il venait chercher des médicaments, on lui apprend qu’il ne s’était pas fait rembourser ses précédents achats.

C’est là qu’il découvre qu’il est considéré par l’Assurance maladie comme mort. «La pharmacienne était gênée de me dire que c'était au motif… que j'étais décédé», raconte-t-il à France 3 Hauts-de-France. Une «surprise», ajoute-t-il sur RTL, qu’il va comprendre en tapant son nom sur internet, lorsqu’il va trouver l’avis de décès de son homonyme. L’affaire est d’autant plus singulière que cet homme, portant le même nom, est décédé au mois de février à Cambrai, alors que lui réside à Marcoing, à tout juste huit kilomètres.

En vie, il doit récupérer… un certificat de vie

Sauf que si l’histoire peut prêter à sourire au premier abord, elle fait vivre un véritable calvaire au retraité. En effet, depuis plus de deux mois, il ne peut plus se faire rembourser ses frais de santé, et surtout, sa pension de retraite a été suspendue. «Le minimum de contrôle n'a pas été fait, au moins la date de naissance», fustige-t-il auprès de RTL. D’autant que si sa radiation a été automatique, sa réintégration est beaucoup plus périlleuse : c’est à lui de prouver… qu’il est bien vivant. Des démarches administratives harassantes, comme le fait de récupérer un certificat de vie.

«Je suis mort, donc je viens chercher un certificat de vie pour prouver que je ne suis pas mort», a-t-il dû dire par exemple à la mairie de Marcoing. L’édile de la commune s’est d’ailleurs demandé si ce n’était pas «une blague», explique-t-elle à France 3. Au-delà de ce certificat, il doit contacter tous les organismes, mais les démarches sont parfois rendues compliquées par le fait qu’il n’a plus accès à certains sites internet. Sans revenus, il a dû abandonner des projets.

Aujourd’hui, alors que sa situation n’est pas encore rétablie, il en veut à la Sécurité sociale : «La personne qui a mal rédigé le décès de mon homonyme a fait une grosse faute professionnelle. J’assimile ça à un meurtre administratif», déplore-t-il auprès de France 3. Le retraité a été reçu par la CPAM, qui a confirmé que des démarches étaient en cours, et assure travailler pour que ce genre d’erreur ne se reproduise plus. En attendant, pour toucher sa pension de retraite, il devra encore attendre le mois de mai !