À la suite d'une rencontre avec des représentants des boulangers et des fleuristes, le Premier ministre a tranché. Ces artisans indépendants pourront ouvrir «ce 1er Mai», ​​Journée internationale des travailleurs. «Une instruction sera donnée à l'ensemble des services de l'État pour venir préserver ce que je viens de vous annoncer», a déclaré le chef du gouvernement, qui a constaté «une insécurité juridique depuis de nombreuses années».

Sébastien Lecornu a également ajouté qu'un «projet de loi d’origine gouvernementale va être présenté» d’ici la fin du mois. Mais cette disposition ne concerne que les boulangers et fleuristes artisanaux, sur la base du volontariat, et en payant double les salariés.

Un sujet qui fait débat

Tout un symbole. Travailler ou non le 1er Mai reste un sujet particulièrement sensible depuis ces dernières semaines. Une proposition de loi poussée par Gabriel Attal comptait déjà ouvrir la possibilité aux salariés des boulangeries et des fleuristes de travailler le 1er-Mai sur la base du «volontariat» avec une majoration de salaire.

Mais ce projet incluait aussi les points de vente de produits alimentaires au détail et les établissements exerçant une activité culturelle. La proposition de l’ancien Premier ministre avait alors provoqué de vives critiques de la part des députés du camp macroniste. Le Premier ministre avait balayé cette proposition de loi, invoquant «la sensibilité particulière du sujet», selon les termes repris du ministre du Travail Jean-Pierre Farandou.

«Pas question d'ouvrir tous azimut sans exception»

Du côté des syndicats, le sujet fait consensus contre lui. Le sujet est fortement contesté, notamment par la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet. Dans une interview accordée au Parisien, elle a qualifié la proposition de «catastrophe» : «Elle ouvrait tous azimuts la possibilité de travailler le 1er-Mai pour la grande distribution, l'industrie agroalimentaire, le secteur culturel...». S’il y a bien une chose à «mettre à l'ordre du jour», pour la secrétaire générale de la CGT, «c'est l'augmentation des salaires».

«Le 1er-Mai doit rester un jour exceptionnel, férié, chômé et rémunéré», insiste donc Sophie Binet, bien qu’elle remarque qu’il est «utile d’avoir des boulangeries ouvertes le 1er-Mai», mais refuse d’étendre cette possibilité aux fleuristes. Elle avait justifié cet avis ainsi : «Je ne crois pas que les fleurs, ce soit indispensable à la continuité de la vie sociale et économique [...] Si on laisse les fleuristes, pourquoi est-ce qu'on refuse les jardineries ? Pourquoi est-ce qu'on refuse les boucheries, charcuterie, les magasins de bricolage, etc.»