L’annonce a été faite le 15 avril dernier par le délégué général pour l’armement, Patrick Pailloux, lors d’une audition à l’Assemblée nationale. Dans le cadre du développement du projet européen ELSA d’un missile balistique sol-sol de théâtre (MBT) à capacité conventionnelle, pour lequel le projet d’actualisation de la Loi de programmation militaire (LPM) 2024-30 prévoit une enveloppe de 1,1 milliard d’euros, la Direction générale de l’armement (DGA) songerait à l’associer au planeur hypersonique V-MAX (Véhicule manœuvrant expérimental), indique le site Zone Militaire Opex 360.

Le but affiché : développer des capacités de frappes conventionnelles dans la profondeur. «Nous avons identifié ce que nous souhaitons faire au plan technologique, à savoir un missile balistique doté d’un planeur hypersonique manœuvrant. Nos calculs, au sens mathématique du terme, nous démontrent que c’est probablement le meilleur rapport prix/performances militaires», a mis en avant Patrick Pailloux. Mais rien n’est encore acté, a-t-il laissé entendre à l’Assemblée puisque des discussions ont encore lieu avec les partenaires européens afin de «voir si on peut construire quelque chose ensemble».

Répondre aux avancées technologiques adverses

Des modifications sont donc toujours possibles. L’European Long-Range Strike Approach (ELSA) est une coopération conclue entre la France, l’Allemagne, l’Italie et la Pologne, rejointe ensuite par le Royaume-Uni et la Suède. Ce projet évoqué par la DGA vise à répondre à d’autres puissances comme les Etats-Unis, la Chine, la Russie ou encore l’Inde qui disposent déjà de telles capacités militaires. «L’Allemagne, le Royaume-Uni et la France, dans le cadre de notre initiative dite ELSA vont travailler ensemble à des projets de missiles de très longue portée», avait déclaré début mars Emmanuel Macron.

Le chef de l’Etat insistait sur la nécessité de disposer de «nouvelles options pour gérer conventionnellement l’escalade, à l’heure où les adversaires déploient technologies et armements nouveaux». En outre, le rapport mis en annexe au projet d’actualisation de la LPM précise que des études sont en cours afin de «disposer d’un missile sol-sol balistique conventionnel d’une portée classe 2 500 km avant la fin de la prochaine décennie», avec une coopération «envisagée» avec l’Allemagne et le Royaume-Uni.

Un dispositif impossible à intercepter ?

Un premier vol «de plusieurs centaines de kilomètres» du V-MAX a déjà eu lieu, rappelle Opex 360, permettant notamment de «vérifier la bonne tenue des structures et le bon fonctionnement des équipements et des expériences embarqués». Coupler un missile balistique à un planeur permettrait surtout de disposer d’un appareil à la trajectoire imprévisible, souligne L’Indépendant. Le V-MAX peut en effet modifier sa route à des vitesses dépassant les 6 000 km/h et le rendre quasiment impossible à intercepter par des dispositifs antimissiles. Un deuxième vol doit bientôt être effectué.