Une paix durable va-t-elle voir le jour entre la Russie et l’Ukraine ? Les Etats-Unis ont présenté un projet de plan de paix pour l’Ukraine, reprenant notamment des demandes de Moscou. Parmi ces mesures figure la cession de territoires par Kiev, une réduction de la taille de l’armée ukrainienne ou encore le fait que l’Ukraine renonce à intégrer l’OTAN. C’est dans ce contexte que le chef de l’Etat a accordé une interview exclusive à RTL et M6 depuis l’Angola ce mardi 25 novembre.

Si le chef de l’Etat reconnaît que ce plan «va dans le bon sens», il reste mesuré, car certains de ces éléments «méritent d'être discutés, négociés, améliorés», a-t-il laissé entendre, avant d’être plus précis : «Est-ce que c'est ce qui doit être accepté par les Ukrainiens et les Européens ? La réponse est non.» Pourquoi ? Car selon le président français, les Ukrainiens restent «les seuls qui peuvent dire les concessions qu'ils sont prêts à faire sur leur territoire et tout ce qui les concerne, la langue, la Constitution...» A ce jour, selon lui, les Européens sont «les seuls qui ont à dire (...) ce qu'on fera avec les actifs russes gelés qui sont détenus par les Européens», a-t-il martelé.

Le chef de l’Etat plaide pour une paix durable

Mais le chef de l’Etat s’est montré beaucoup plus prudent, car il l’a rappelé au micro de RTL et M6, à ce jour, «il n’y a qu’une personne qui ne veut pas la paix, c’est la Russie». Et d’interroger : «La seule question à laquelle on n'a pas de réponse, c'est est-ce que la Russie est prête à faire une paix qui soit une paix durable ?» Rappelant que Moscou avait «lancé une guerre d'agression en 2014», puis que les Russes avaient «trahi leur parole et tous leurs accords» en février 2022, Emmanuel Macron a plaidé pour une «paix où ils (Les Russes, ndlr) ne vont pas six mois, huit mois plus tard, deux ans plus tard, réenvahir l'Ukraine».

En cas de cessez-le-feu, Emmanuel Macron a confirmé son souhait de mettre en place des «forces de réassurance» en Ukraine. «Il ne peut pas y avoir de paix durable si on contraint l'armée ukrainienne dans ses capacités de défense et de dissuasion de toute agression», a mis en garde le président français au micro de nos confrères. Il a plaidé enfin pour une «armée robuste» ukrainienne en pilotant «sa formation, son équipement, sa capacité à se déployer sur les mois et les années qui viennent».

Emmanuel Macron appelle à continuer à «mettre la pression»

A l’issue de la réunion de la coalition des volontaires, le chef de l’Etat a une nouvelle fois tempéré, assurant qu’il n’y avait «aujourd'hui clairement pas de volonté russe d'avoir un cessez-le-feu». Selon lui, Moscou n’a pas montré de «volonté de discuter» du projet de plan américain pour l'Ukraine, et il a appelé à «continuer de mettre la pression». Faut-il se préparer à la guerre ? «La Russie mène une confrontation stratégique qu'on appelle hybride avec les Européens», a-t-il souligné sur RTL et M6, rappelant les «attaques cyber et informationnelles (ayant lieu) tous les jours dans nos démocraties», dont la France.