Ses vœux étaient très attendus, dans un contexte politique et budgétaire incertain en France et une situation tendue sur le plan international, entre la guerre en Ukraine, les velléités de Donald Trump ou de répercussions en Iran. Présent devant les Forces armées depuis la base aérienne militaire 125 d’Istres, Emmanuel Macron a fait de nombreuses annonces. Mais parmi les plus importantes, une rallonge de 36 milliards d’euros sur la période 2026-2030 «dont 3,5 milliards d’euros dès 2026» dans le cadre de la prochaine loi de programmation militaire.

«Istres est le symbole du réarmement français. Notre effort va continuer, car l'accélération des périls ordonne d'accélérer le réarmement de la France», a lancé le chef de l’Etat devant l’Assemblée. Avant d’ajouter : «Pour être libre il faut être craint. Pour être craint, il faut être puissant. Et pour être puissant dans ce monde brutal, il faut faire plus vite et faire plus fort. Cela suppose que la Nation consente à des efforts à la hauteur de notre rude époque.»

Une actualisation de la loi de programmation militaire d’ici le 14 juillet

Pour rappel, la loi de programmation militaire prévoit actuellement 413 milliards d'euros. Emmanuel Macron a réclamé qu’elle soit actualisée «d'ici le 14 juillet prochain». Le président français en a profité pour vanter son bilan, rappelant qu’en 2017, il avait promis une augmentation du budget des Armées. «Je vous disais : nous atteindrons les 2% du PIB d'ici 2025. Certains doutaient. Je me tiens ici devant vous, plus de huit ans plus tard, pour vous dire que nous l'avons fait.»

A quoi servira la rallonge budgétaire annoncée ? Principalement à «préserver la crédibilité opérationnelle de nos armées et faire face, si nous devions y être confrontés, à un engagement majeur d'ici 3 à 4 ans», a-t-il martelé. En outre, Emmanuel Macron a également annoncé une alerte avancée «combinant un système d'alerte spatial, un système de radar de surveillance terrestre ainsi que des expérimentations» et a rappelé qu’il fallait prendre très au sérieux la menace russe après l’utilisation d’un nouveau missile Orechnik.

«Nous sommes à portée de tirs»

«Le message est clair, et pour tous ceux qui pensent que la Russie serait une question qui ne nous concerne pas, il doit être reçu cinq sur cinq : nous sommes à portée de ces tirs.» En dehors de ces annonces, le chef de l’Etat a évoqué de nouveaux moyens au Groenland. Après l’arrivée des quinze premiers soldats à Nuuk, l’équipe «sera renforcée dans les prochains jours par des moyens terrestres aériens et maritimes». L’occasion pour Emmanuel Macron de fustiger un «nouveau colonialisme à l’œuvre», sans citer ni la Russie, ni l’Iran, ni les Etats-Unis.