Les aéroports européens craignent le pire. BFMTV rapporte que plus de 100 passagers d'un vol Easyjet à destination de Manchester ont vu leur avion décoller sans eux. La raison : les failles du contrôle biométrique aux frontières ont entraîné plus de trois heures d’attente interminables. Après avoir retardé son décollage d’une heure, l’avion s’est envolé sans la majorité des passagers. «C’était juste horrible, très stressant», relate l'un d'eux, pour la BBC, décrivant des files d'attente compactes et des malaises dus à la chaleur.

Depuis l'automne dernier, les aéroports européens sont dotés d’un nouveau système d'entrée/sortie (EES pour Entry Exit System) qui permet un enregistrement numérique des franchissements de frontières par les coordonnées et les données biométriques des voyageurs concernés. Leurs dates d'entrée et de sortie sont également prises en compte, afin de suivre les dépassements de séjour et les refus d'entrée. Ce dispositif concerne principalement les ressortissants de pays tiers (hors UE/Schengen) voyageant dans l'espace Schengen pour un court séjour (maximum 90 jours sur 180).

Le cri d'alarme des aéroports européens

Pour autant, ce nouveau système, censé s’intégrer jusqu’en avril dans les aéroports, les gares et les ports européens, n’est pas encore au point. BFMTV explique que, depuis le 10 avril, le EES multiplie les dysfonctionnements techniques. Si la compagnie aérienne assure avoir tout fait «pour minimiser l’impact des files d’attente, en retenant les vols pour laisser du temps supplémentaire», elle indique que le problème « inacceptable » n'est pas de son fait.

Face à ces défaillances, le secteur ne cesse d’alerter sur les risques de «graves perturbations» du trafic cet été, et réclame une «révision immédiate». «En l'absence de mesures immédiates visant à apporter une flexibilité suffisante, de graves perturbations pendant les mois de pointe estivaux sont à prévoir, avec des files d'attente pouvant atteindre 4 heures, voire davantage», affirment dans un communiqué conjoint la branche européenne du Conseil international des aéroports (ACI Europe), l'association Airlines for Europe (A4E) et l'association internationale du transport aérien (IATA).

La France pas encore prête ?

Dans un courrier transmis à Magnus Brunner, le commissaire européen aux Affaires intérieures et à la Migration, les trois organisations dénoncent «un sous-effectif chronique» des services de contrôles aux frontières et des «problèmes technologiques non résolus» en matière d'automatisation. Elles demandent ainsi, à la Commission européenne, d'autoriser les États membres de Schengen à avoir «la possibilité de suspendre partiellement ou totalement l'EES jusqu'à fin octobre 2026 . En France, la Fnam, Fédération nationale de l'aérien et de ses métiers, s’inquiète de ce système qui n’est pas «encore opérationnel sur l’ensemble du territoire français».

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