Cet été, les files d’attente dans les aéroports pourraient s’allonger considérablement. Le secteur aérien exprime ses inquiétudes face à la mise en place du nouveau système d’entrée et de sortie dans l’espace Schengen. Le déploiement de l’EES (Entry Exit System) a commencé le 12 octobre dernier aux frontières terrestres et maritimes de l’Union européenne, ainsi que dans les aéroports. Conçu pour moderniser le contrôle des passages de frontières, le système rencontre toutefois plusieurs difficultés.

Mercredi 11 février, les aéroports européens et les compagnies aériennes ont de nouveau tiré la sonnette d’alarme sur le risque de «graves perturbations» du trafic pendant la saison estivale et ont demandé une «révision immédiate», rapporte BFMTV. «En l'absence de mesures immédiates visant à apporter une flexibilité suffisante, de graves perturbations pendant les mois de pointe estivaux sont à prévoir, avec des files d'attente pouvant atteindre 4 heures, voire davantage», ont prévenu dans un communiqué conjoint la branche européenne du Conseil international des aéroports (ACI Europe), l’association Airlines for Europe (A4E) et l’Association internationale du transport aérien (IATA).

Déjà «jusqu'à deux heures» d’attente

Les trois organisations précisent avoir écrit à Magnus Brunner, commissaire européen aux Affaires intérieures et à la Migration, pour signaler des «temps d'attente excessifs», pouvant déjà atteindre «jusqu'à deux heures» dans le cadre actuel du déploiement du système. Destiné à remplacer à terme les tampons manuels, l’EES permet d’enregistrer automatiquement les coordonnées et les données biométriques des voyageurs, ainsi que leurs dates d’entrée et de sortie. Il sert à suivre les dépassements de séjour et les refus d’entrée, et concerne les ressortissants de pays tiers voyageant dans l’espace Schengen pour un court séjour (maximum 90 jours sur 180). Les citoyens de l’UE et certains pays exemptés ne sont pas concernés.

Concrètement, aux arrivées, «les passagers auront leurs passeports tamponnés de manière numérique et automatique lors du contrôle aux frontières (…) et, sur certaines tranches horaires, un rapprochement biométrique pourra être opéré aux kiosques dédiés à cet effet», explique Aéroports de Paris. Selon la feuille de route officielle, les 29 Etats de l’espace Schengen devaient commencer le déploiement de l’EES à partir du 12 octobre dernier, avec une mise en service complète prévue pour le 10 avril prochain.

Sous-effectif et bugs

Dans leur lettre au commissaire européen, les trois organisations ont souligné «un sous-effectif chronique» des services de contrôle aux frontières, régulièrement observé à Paris-Roissy, ainsi que des «problèmes technologiques non résolus» liés à l’automatisation. Elles demandent à la Commission de «confirmer» que les Etats membres pourront suspendre partiellement ou totalement l’EES jusqu’à fin octobre 2026.

La Fnam (Fédération nationale de l’aérien et de ses métiers), elle, s’inquiète des «interrogations, alors que les dispositifs automatisés d’accompagnement prévus ne sont pas encore opérationnels sur l’ensemble du territoire français. Sur ce sujet également, il est impératif que la fluidité des passages aux frontières soit préservée dans les prochains mois».

Le système EES doit par ailleurs s’interconnecter avec la plateforme nationale Parafe, qui permet déjà aux ressortissants français de passer les frontières de manière automatisée. La Fnam redoute que la connexion entre Parafe, l’EES et l’application mobile ne soit pas opérationnelle cet été, alors que des pannes récurrentes affectent déjà Parafe.

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