
Faut-il redouter des départs en vacances compliqués dans les aéroports français cet été ? Pour le patron de Ryanair, la réponse est clairement oui. La compagnie low-cost irlandaise appelle les autorités françaises à suspendre temporairement les contrôles biométriques aux frontières de l’espace Schengen durant la saison estivale. En cause : des perturbations déjà visibles dans plusieurs aéroports français, où les temps d’attente peuvent déjà dépasser une à deux heures, rapporte BFM. Dans un communiqué publié ce jeudi 30 avril, Ryanair dénonce une situation jugée préoccupante pour les passagers, évoquant notamment des files d’attente particulièrement longues dans les aéroports de Beauvais, Marseille et Nantes.
Selon Ryanair, ces désagréments seraient liés à «un manque de personnel et à des défaillances du système» du nouveau dispositif européen d’entrée-sortie (EES), en cours de déploiement depuis le 10 avril en France. Ce système vise à renforcer le contrôle des frontières de l’Union européenne. Il remplace progressivement les tampons manuels par un enregistrement numérique des données des voyageurs non européens : identité, numéro de passeport, empreintes digitales et photographie.
Un nouveau système européen encore en rodage
Mais sa mise en place suscite déjà des difficultés opérationnelles. Ryanair demande ainsi un retour temporaire au tamponnage manuel jusqu’à la fin de l’été, période de forte affluence touristique. La compagnie affirme avoir adressé un courrier en ce sens au ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez. Elle cite notamment l’exemple de la Grèce, qui aurait choisi d’adapter le calendrier de déploiement pour éviter des perturbations en pleine saison estivale. «Les gouvernements dans toute l'Europe tentent de mettre en service un système informatique mal fichu en pleine saison haute des voyages, et les passagers en paient le prix», déplore le directeur des opérations de Ryanair, Neal McMahon.
Du côté des aéroports, les inquiétudes étaient déjà présentes avant la mise en service du dispositif. En février, le Groupe ADP, gestionnaire des aéroports parisiens, estimait que le système ne serait pas pleinement opérationnel à temps et appelait à un report après l’été. Une position partagée en mars par l’Union des aéroports français, qui redoute également des perturbations importantes.
















