L’école primaire n’a pas eu les félicitations du conseil de classe… Le professeur principal ? La Cour des comptes. Dans un rapport présenté ce mardi 20 mai, la juridiction financière fait le constat d’une «organisation en décalage avec les besoins de l’élève». «La baisse du nombre et du niveau des élèves s’accompagne d’une augmentation continue de la dépense publique comme privée, consacrée à l’enseignement du premier degré», résume le premier président de la Cour, Pierre Moscovici.

Le nombre d’élèves diminue, les dépenses publiques augmentent… mais les résultats des élèves ne sont pas au rendez-vous. L’organisation fait plusieurs recommandations pour redresser la situation : repenser le recrutement des enseignants, replacer le directeur de l’établissement au centre de l’échiquier notamment «en généralisant progressivement la fonction de directeur à temps complet». Dans les territoires confrontés à une baisse des effectifs, il est aussi recommandé de regrouper les écoles sévèrement touchées.

La semaine de quatre jours, un modèle à repenser ?

L’organisme chargé de «veiller au bon usage de l’argent public» met en avant un levier majeur d’amélioration : l’organisation du temps scolaire. La Cour des comptes, s’appuyant sur une étude de 2010, tout en déplorant le manque de recherches plus récentes sur le sujet, rappelle que ce fonctionnement «n’est pas en cohérence avec ces connaissances de la chronobiologie de l’enfant et cela à tous les niveaux de l’organisation, journée, semaine ou année scolaire».

Le rapport souligne particulièrement les effets négatifs de la semaine de quatre jours sur la vigilance et les performances des élèves, particulièrement en début de semaine, en raison d’une désynchronisation provoquée par le week-end prolongé. Depuis un décret de juin 2017, ce modèle s’est de nouveau généralisé, remettant en question les réformes précédemment mises en œuvre. En effet, celui-ci donne la possibilité à l’école de répartir les heures d’enseignements sur quatre jours, sur proposition conjointe de la commune ou de son intercommunalité et d’un ou plusieurs conseils d’école.

La semaine de quatre jours et demi obligatoire bientôt de retour ?

Cette exception à la française, comme l’avance la juridiction, ne serait pas en adéquation avec le bien-être des élèves. Le rapport suggère par ailleurs d’assurer une «cohérence entre activités scolaires, périscolaires et extrascolaires». Le rapport cite l’exemple de la commune de Beauvais, qui propose un accueil périscolaire, y compris le mercredi jusqu’à 18h30. Bien que l'amélioration du taux de réussite scolaire des élèves dépende de multiples facteurs, la chambre régionale des comptes souligne que la politique périscolaire menée par la collectivité a contribué à cette progression.

La future convention citoyenne sur «les temps de l’enfant», dont le tirage au sort a commencé le 19 mai, pourrait-elle offrir aux pouvoirs publics une opportunité aux citoyens de s’exprimer sur le sujet ? Plus que quelques semaines avant de le savoir, les travaux doivent démarrer dès le début du mois de juin. Un tel changement - hypothétique - ne ferait pas l’unanimité. Certains syndicats, dont le SNUDI-FO 53 et le SNUDI-FO 44, appellent à une mobilisation nationale le jeudi 22 mai pour réclamer le retour à la semaine de quatre jours d’école sur tout le territoire. Ils dénoncent notamment les inégalités générées par les différents rythmes scolaires appliqués selon les communes, certaines appliquent la semaine de quatre jours, les autres celles de quatre jours et demi.