«C'est plus qu'un coup de gueule, c'est un cri du cœur». Sur le plateau de RMC ce mardi 6 mai, le patron de Système U, Dominique Schelcher, a exprimé sa colère face aux nombreuses fermetures de magasins. Après Camaïeu, Naf Naf, Go Sport ou encore Kookaï, c’est au tour de l’enseigne Jennyfer d’être confrontée à de graves difficultés financières. Constatant l’indifférence suscitée par l’annonce de la liquidation judiciaire de la marque de vêtements, qui entraînera la suppression de 1 000 emplois, Dominique Schelcher s’est indigné et a appelé à une «mobilisation et un accompagnement».

«Cette myriade de plans de licenciements.... On en est à mon avis à 50 000 emplois supprimés depuis 2010 et personne n'en parle. Où sont les mobilisations ? Où sont les accompagnements. Est-ce que les vendeurs et vendeuses ne méritent pas la même attention ?», a-t-il interrogé. «Pour le prêt-à-porter, c'est 83% de femmes. Pourquoi n'en parle-t-on pas ? Pourquoi personne n'est au chevet de ça ? C'est ça qui est choquant aujourd'hui», a-t-il estimé, en dénonçant un «plan social à bas bruit que personne ne voit».

Les acteurs étrangers pointés du doigt

«En France, on n'aime pas le commerce !», a fustigé le patron des magasins U ce mardi sur son compte X, en comparant la réaction quasi absente à la liquidation de Jennyfer à l’émoi suscité par les licenciements chez ArcelorMittal. Dominique Schelcher a également dénoncé une forme de concurrence déloyale exercée par certains acteurs étrangers du commerce. «Ce que demandent les commerces, c'est de se battre avec équité avec un certain nombre d'acteurs qui viennent souvent de l'étranger», a-t-il affirmé.

«Que ce soit les chaînes de hard-discount qui envahissent la France avec des produits d’importation pas toujours contrôlés de la même façon, et le e-commerce, c'est 600 avions chaque nuit qui font déferler des produits pas contrôlés ni soumis aux mêmes impôts», a-t-il poursuivi. Dominique Schelcher cible notamment le géant chinois Shein, soulignant qu’il ne verse que 273 000 euros d’impôts pour un chiffre d’affaires de 1,6 milliard d’euros. «C’est moins qu’un Super U de taille moyenne !», a-t-il souligné.