Manque de dialogue, efforts fournis non récompensés, salaires trop bas… De nombreux salariés de la Société Générale sont en grève ce mardi 25 mars à l’appel de l’intersyndicale, rapporte Ouest-France. Forts de leur pétition estimée à 14 600 signataires, la CFDT, la CFTC, la CGT et la CFE-CGC estiment que le dialogue est rompu avec les salariés. «Contraint au rapport de force», l’intersyndicale estimait déjà début mars que la direction était «restée sourde à [ses] demandes». Raison pour laquelle les salariés ont refusé de signer le projet d’accord de la direction sur les salaires.

Pourtant, ces derniers mois, les actions de Société Générale ont fortement grimpé et ses résultats se sont améliorés (quatre milliards d’euros de profit en 2024). Mais les salariés s’estiment lésés. Interrogée par Franceinfo, l’une d’elles présente depuis 25 ans dans l’entreprise, a été augmentée pour la dernière fois il y a trois ans. «Quand on fait des belles années, comme on vient de le faire, ça paraît incompréhensible qu'on nous dise qu'il y a de l'argent pour certaines choses, mais pas pour les salariés», regrette-t-elle, et d’ajouter que les salariés de banque ne sont «pas forcément nantis».

Des conditions de travail qui se détériorent

A Nantes, on pointe du doigt également les difficultés de dialogue depuis que le nouveau président, Slawomir Krupa, est arrivé. «Nous avons un directeur général qui a une gestion, disons, un peu plus tranchante que ses prédécesseurs», ironise auprès de Ouest-France la déléguée syndicale CFDT pour la Société Générale, à Nantes, Nathalie Couchellou. Dans la ville de Loire-Atlantique, on pointe du doigt les nombreux objectifs fixés aux salariés sans pour autant que les effectifs ne grandissent.

Dans leur appel, les syndicats déplorent également le fait qu’il n’y ait «aucune rétribution à hauteur des efforts engagés» ainsi que des «conditions de travail toujours détériorées» à cause des «plans de restructuration successifs». Selon le Syndicat national de la banque CFE CGC, depuis la fusion avec Crédit du Nord (2023), les plans sociaux ont entraîné la suppression de 3 700 postes et la fermeture de 600 agences. «Tout ceci a entraîné un climat particulièrement anxiogène dans l'entreprise», selon son secrétaire général, Daniel Petrucci.

La direction compte débloquer une enveloppe en 2025

Les risques psychosociaux sont donc en forte hausse selon le syndicat, avec une augmentation du risque de burn-out chiffré à «57% à la Société Générale». De son côté, la direction assure qu’elle «compte attribuer en 2025 une enveloppe représentant environ 3% de la masse salariale (...) au travers de différentes mesures collectives et individuelles», rapporte BFMTV. Au total, 353 millions d’euros seront redistribués aux salariés «dans le cadre de l'actionnariat salarié et de la rémunération financière», ajoute la direction.