
Huit jours après la manifestation citoyenne du 10 septembre, les Français se préparent à descendre de nouveau dans la rue. A l’appel de l’intersyndicale, une nouvelle mobilisation nationale est prévue ce jeudi 18 septembre contre les mesures de restrictions budgétaire du budget 2026, présenté mi-juillet par François Bayrou, alors Premier ministre. De nombreux secteurs se disent prêts à rejoindre le mouvement : fonction publique, transports, enseignants, pharmaciens, chauffeurs de VTC…
Les organisations syndicales dénoncent les coupes budgétaires annoncées par le gouvernement ainsi que plusieurs mesures jugées injustes, notamment le gel des salaires dans la fonction publique, la désindexation des pensions de retraites, le doublement des franchises médicales ou encore le gel des prestations retraites. Pour mieux comprendre les revendications des manifestants, Capital donne la parole aux cheminots, enseignants, pharmaciens et chauffeurs de VTC.
Les cheminots réclament l'organisation de NAO et des augmentations salariales
«La journée sera difficile pour les usagers des transports en commun», a averti le ministre des Transports démissionnaire Philippe Tabarot durant un point presse après une réunion avec les acteurs du secteur à propos de la grève du 18 septembre. La circulation des trains sera perturbée dans toute la France ce jeudi. En Ile-de-France, le trafic s’annonce «perturbé» voire «très perturbé» dans le métro parisien et les trains, un Intercités sur deux et trois TER sur cinq circuleront… Une journée noire dans les transports. Les quatre syndicats représentatifs de la SNCF ont appelé à la grève. Le ton est donné : «La mobilisation sera plus forte le 18 que le 10», lance Fabien Villedieu, secrétaire confédéral de Sud-Rail.
Les cheminots sont vent debout contre le «plan d’austérité» présenté mi-juillet par François Bayrou, dénonçant «le blocage des salaires, des prestations sociales et des pensions» d’autant plus que «lorsqu’il y a un gel des salaires de la fonction publique, le gouvernement le répercute généralement dans les entreprises de service public», note Fabien Villedieu, également conducteur à la SNCF. En parallèle, la profession se mobilise aussi sur des thématiques internes : les cheminots réclament des «augmentations salariales» avec la tenue de négociations annuelles obligatoires (NAO) «dès la fin de l’année et non pas en 2026 comme cela est prévu» ainsi que la fin de «l’ouverture à la concurrence» notamment concernant les trains régionaux, précise Cédric Robert, secrétaire fédéral de la CGT cheminots. «La mise en concurrence, c’est l’abaissement des droits sociaux des cheminots», ajoute le syndicaliste.
Des enseignants déjà «sous l’eau» quinze jours après la rentrée scolaire
Ce jeudi, Thibault, professeur des écoles à Rennes, fera grève. Comme les deux tiers de ses collègues, l’enseignant se mobilise d’abord contre «les restrictions budgétaires» avec l’envie de «mettre en garde le futur gouvernement» de Sébastien Lecornu tout juste arrivé à Matignon. «On souhaite un budget juste socialement et fiscalement avec une prise en compte de l'état de l’éducation nationale qui est vraiment préoccupante», résume Laetitia Aresu, secrétaire nationale de la Sgen- CFDT. «Même si l’Education nationale est le premier budget de France, les moyens baissent tout de même année après année par rapport au nombre d'enseignants », dénonce Thibault qui pointe du doigt un «manque criant de moyens» avec des élèves toujours plus nombreux et avec des besoins spécifiques. A cela s’ajoutent «un manque de reconnaissance» et une grande «lassitude», précise Laetitia Aresus qui explique, que quinze jours après la rentrée scolaire, «le corps enseignant est déjà sous l’eau» qu’il s’agisse des professeurs mais aussi du corps «médico-social» ou même de la «direction».
Les pharmaciens vent debout contre la baisse des remises sur les médicaments génériques
Des pharmaciens plus que jamais mobilisés. Un grand nombre d’officines resteront fermées ce jeudi 18 septembre. L’objet de la discorde : un arrêté du 4 août programmant la baisse du plafond des remises sur les médicaments génériques. Ces remises sont accordées aux pharmaciens et représentent une partie importante de leur rémunération. Fortement inquiétés par cette réduction qui risque de fragiliser leur économie, un grand nombre de pharmaciens d’officine ont décidé de se joindre au mouvement de protestation.
Selon le site de l’Union des Syndicats de Pharmaciens d’Officine (USPO), 98% des pharmacies sondées resteront fermées. Daniel Machover, pharmacien titulaire dans une officine parisienne du 9e arrondissement, est lui aussi en colère. «Le pharmacien officinal en a assez d’être traité comme la cinquième roue du carrosse», affirme-t-il. Pour ce jeudi, sa position est claire : «Nous, on va fermer effectivement par solidarité avec la profession.» «Moi, ça fait à peu près 25 ans que je suis diplômé, je n’ai jamais vu une mobilisation pareille», commente le pharmacien sur l’ampleur de la mobilisation de son secteur. Selon lui, cette mesure va «toucher l’ensemble des Français». Mais que souhaitent concrètement les pharmaciens ? «On demande que cet arrêté soit retiré», martèle Pierre-Olivier Variot, président de l’USPO, qui demande à discuter avec le Premier ministre Sébastien Lecornu pour lui faire comprendre la nécessité «d'investir dans le réseau pharmaceutique pour permettre l'accès aux soins sur tous les territoires».
Des relations tendues entre les chauffeurs de VTC et les plateformes
Le 18 septembre ne sera sans doute pas un bon jour pour faire appel à un chauffeur de VTC. En effet, les VTC participeront eux aussi à cette grande journée de mobilisation. Mais quelle est la raison de leur colère ? Les relations tendues qu’ils entretiennent avec les plateformes, qui «ne sont absolument pas responsables dans leurs agissements», affirme Fabian Tosolini, délégué national en charge des travailleurs des plateformes chez Union-Indépendants. Pour lui, «les plateformes font ce qu'elles veulent et, malgré tous les garde-fous qui peuvent être mis en place, vous avez des plateformes qui continuent de décider unilatéralement de la rémunération de leurs partenaires». Quant à la négociation sectorielle, Fabian Tosolini déplore qu’«elle soit en grande difficulté, parce que vous avez des plateformes qui ne respectent pas le principe du dialogue social».


















