Le «Dôme d’or» annoncé par Donald Trump verra-t-il le jour ? Annoncé après son élection, ce système de défense censé protéger les Etats-Unis de tirs de missiles étrangers doit être mis en œuvre avant la fin de son mandat en 2028, a-t-il précisé en mai dernier. A cette occasion, le président américain a décrit un système basé sur le modèle israélien «capable d'intercepter des missiles, même s'ils sont lancés de l'autre côté de la planète et même s'ils sont lancés depuis l'espace». Estimé à 175 milliards de dollars, il serait vital pour les Etats-Unis.

C’est ce que Donald Trump a répété sur son réseau social Truth le 14 janvier, ajoutant à cet égard que la mainmise sur le Groenland était vitale pour la «sécurité nationale», mais également pour «la construction du ‘Dôme d’or’». De quoi mettre la pression avant le forum de Davos la semaine dernière, rappelle Franceinfo, d’où le dirigeant américain est parti en annonçant avoir «conçu le cadre d'un futur accord concernant le Groenland» avec l’OTAN. Si son secrétaire général, Mark Rutte, a tempéré, Donald Trump a évoqué des «discussions supplémentaires (…) à propos du Dôme d'or, en ce qui concerne le Groenland».

Le Groenland, une base cruciale ?

Surtout, il a revendiqué une nouvelle fois «la souveraineté sur des terres [groenlandaises] pour y installer des bases militaires». Pourquoi le Groenland serait-il crucial dans la construction du «Dôme d’or» ? Donald Trump n’en a pas dit davantage. Mais face aux menaces russes et chinoises, ou encore nord-coréenne et iranienne, il veut protéger son pays de potentielles attaques. Comme Capital l’avait évoqué il y a quelques mois, ce dôme serait doté de quatre couches antimissiles, une dans l’espace et trois au sol.

A noter que la couche spatiale permettrait de détecter les menaces et de donner l’alerte, tandis que les couches terrestres serviraient à détruire les missiles ennemis. Pour l’équiper, la Maison-Blanche songerait à des systèmes comme le Patriot de Raytheon (défense antimissile) et le THAAD de Lockheed Martin (aussi antimissiles), complétés par des radars, des lasers et des intercepteurs. «Composé de capteurs et de missiles intercepteurs, il sera déployé sur une zone géographique beaucoup plus vaste», a expliqué à The Conversation le directeur du Centre pour les initiatives de sécurité nationale à l'université du Colorado, Iain Boyd.

Une mise en œuvre plus délicate ?

Cité par Franceinfo, le chercheur Benjamin Hautecouverture estime que la principale nouveauté de ce dôme serait «de mettre en place un système d'interception de missiles basé dans l'espace». Reste les questions de sa mise en œuvre. Car si Israël est parvenu à mettre en place le sien, son territoire est beaucoup plus petit. Et le niveau de protection à atteindre est également beaucoup plus compliqué pour les Etats-Unis, précise la chercheuse à l'Institut français des relations internationales, Héloïse Fayet, pour qui «le nouveau défi principal, ici, est la capacité à suivre en continu un missile hypersonique». Sans oublier son coût évalué donc à 175 milliards de dollars, mais qui pourrait exploser. 2028 voire 2029, une utopie ?