Quelle sera la croissance française en 2026 ? A l’image du déficit public révisé, la Banque de France et l’Insee avaient revu à la hausse la croissance française pour cette année grâce à une nette progression au dernier trimestre 2025. Si le gouvernement tablait donc sur 1%, Goldman Sachs prévoyait même en janvier dernier une croissance à 1,2%. Mais depuis, la guerre au Moyen-Orient est passée par là et l’optimisme n’est plus autant de rigueur. Ce lundi 13 avril, dans Telematin sur France 2, le ministre des Comptes publics David Amiel a reconnu qu’il y aurait «un impact sur la croissance et sur l’inflation».

Evidemment, tout dépend de «l’évolution du conflit», a reconnu le ministre et les différents scénarios seront présentées aux parties prenantes dès la semaine prochaine. Actuellement établie à 1%, la croissance devrait donc être revue à la baisse, contrairement à celle sur l'inflation (1,3%), à la hausse. «Ces chiffres avaient été calculés avant le déclenchement du conflit, donc il y aura une réévaluation des chiffres», a confirmé David Amiel. Si le ministre est resté très évasif sur chiffres à venir, il a demandé d’attendre de «voir comment la situation évolue dans les prochains jours».

Pas d’aides généralisées, mais plutôt ciblées

Y aura-t-il de nouvelles aides alors que le prix du baril de pétrole est de nouveau passé au-dessus des 100 dollars ? Il est encore trop tôt pour le dire, mais le ministre des Comptes publics rappelle que le gouvernement se «prépare depuis le début à toutes les éventualités». Et d’ajouter sur France 2 : «On a d’ores et déjà mis en place un certain nombre d’aides sectorielles, pour les professions les plus touchées, pour ceux qui risquent de perdre leur travail.»

En revanche, il n’y aura pas d’aide pour tous les Français, réaffirmant une nouvelle fois l’opposition du gouvernement au quoi qu’il en coûte. Le gouvernement suivra «deux principes importants : les aides doivent être ciblées vers ceux qui en ont le plus besoin» et surtout, elles devront être «financées». «Si le conflit dure des mois, il y aura évidemment un renforcement des aides, mais à nouveau avec ces principes clairs : ciblage et financement. Parce que sinon ce serait promettre aux Français de l'argent que l'on n'a pas», a-t-il martelé.

Dans la foulée, David Amiel a évoqué le budget 2027, avec un but : «Donner le maximum de liberté au prochain gouvernement et au prochain président de la République» et donc «réduire le déficit» en pleine année d’élection. Il y a quelques jours, on apprenait que le déficit public de la France avait été ramené à 5,4% en 2025, grâce notamment à des recettes fiscales en forte hausse de 7,1%, à commencer par l’impôt sur le revenu et l’impôt sur les sociétés.