
La loi de finances de fin de gestion confirmait au mois de décembre dernier sa prévision d'un déficit public à 5,4% du produit intérieur brut (PIB). Impossible à tenir comme objectif ? Eh bien non. A en croire les données de la Direction générale des finances publiques (DGFiP) relayées par BFM, le déficit public français a bien été réduit en 2025 à 5,4% du PIB. C’est 0,4 point de moins que l’année précédente (5,8%) grâce notamment aux nombreuses recettes fiscales engrangées par l’administration.
Au total, en 2025, la DGFiP a collecté pas moins de 610 milliards d’euros, un chiffre en hausse de 7,1%. Des recettes qui ont augmenté bien plus vite que la croissance économique, qui n’est que de 2%, ainsi que le PIB. Dans le détail, ces recettes ont profité largement à l’Etat (57%), pour plus d’un quart aux collectivités territoriales et le reste (17%) pour les administrations de la Sécurité sociale.
L’épargne tire les revenus du capital
Un changement de taille, car en 2023 et 2024, les recettes avaient été bien moins importantes, respectivement -0,3% et +1,9%, contribuant à creuser le déficit budgétaire puisque la croissance du PIB était en forte hausse. Comment expliquer le rebond des recettes fiscales ? Les impôts ont joué pour beaucoup, en particulier ceux sur le revenu (+7,9%) et ceux sur les sociétés (+4%). La DGFiP note que les montants prélevés ont été plus importants puisque les revenus des ménages ont augmenté sous l’effet de l’inflation et des revalorisations salariales.
«Les montants collectés au titre de l'impôt sur le revenu, des taxes intérieures sur la consommation d'énergie (fin du bouclier tarifaire) et des droits de mutation à titre onéreux et d'enregistrement croissent nettement», précise la Direction générale des finances publiques. Mais finalement, les impôts ne sont pas les recettes les plus importantes. Alors que le montant de l’épargne des Français n’a jamais été aussi important, les revenus du capital ont bondi.
Objectif 5% en 2026 ?
On peut ajouter à ces recettes de 2025 la contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises, la contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR) et la taxe sur les rachats d'actions qui à elles seules ont rapporté 8,4 milliards d’euros. Parmi les pays où le PIB est le plus élevé, la France affiche le deuxième total de recettes le plus élevé derrière la Finlande. Pour 2026, le gouvernement planche sur 5%. Lorsqu’elle était encore ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin assurait qu’il «y aurait moins de prélèvements obligatoires en 2026 qu’en 2019».



















