Selon les dernières projections de l'Insee publiées ce mardi 24 mars et relayées par BFMTV, le PIB progresserait de seulement 0,2 % au premier trimestre, autant au deuxième, soit 0,1 point de moins que les prévisions de décembre. L'acquis de croissance à mi-année serait ainsi ramené à 0,9 %, contre 1 % anticipé initialement, et la croissance annuelle 2026 devrait se calquer sur celle de 2025. «Nous révisons légèrement en baisse notre prévision de croissance, principalement pour tenir compte de la nouvelle donne sur les prix du pétrole», explique Dorian Roucher, chef économiste au département de la conjoncture de l'Insee.

Les cours du pétrole et du gaz, déjà sensibles, ont fortement augmenté depuis les attaques israélo-américaines en Iran fin février, entraînant un choc immédiat sur les prix à la consommation. A court terme, la consommation des ménages continuerait de progresser légèrement, portée par une épargne encore abondante dans laquelle puiser (le taux d'épargne est attendu à 17,6% à mi-année, contre environ 18% actuellement, note BFMTV), avec +0,1 % au premier trimestre et +0,2 % au deuxième, contre +0,4 % fin 2025.

L'Insee anticipe un taux d'inflation de 1,9 % en juin

Dans l'industrie, l'investissement des entreprises conserve un certain dynamisme, mais avec des disparités selon les secteurs. L'aéronautique et la défense restent les principaux moteurs de cette stabilité, tandis que d'autres branches pourraient souffrir si les prix de l'énergie persistent à des niveaux élevés. Selon l'Insee, les effets les plus sensibles du conflit pourraient se faire sentir au second semestre, au-delà des prévisions actuelles.

Du côté du transport aérien, ce dernier devrait voir ses prix grimper rapidement avec la flambée du kérosène. Dans le même temps, la hausse des carburants et du gaz n'avait pas été anticipée dans les négociations salariales annuelles, ce qui limite pour l'instant la pression sur les salaires et sur l'inflation globale. L'Insee anticipe un taux d'inflation de 1,9 % en juin, nettement supérieur aux 0,9 % de février mais inférieur à la moyenne européenne (3 %). Enfin, le choc sur le pouvoir d'achat est déjà perceptible : les salaires réels reculeraient de 0,5 % au deuxième trimestre, et l'acquis de pouvoir d’achat à mi-année serait négatif de 0,2 %.