Des mesures pour certains, pas pour tous. Face à la flambée des prix du carburant depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, le gouvernement a annoncé lundi 23 mars des «mesures immédiates pour soulager la trésorerie» des entreprises de pêche et de transport, sans pour autant prévoir de remise directe à la pompe, rapporte Ici. En revanche, aucun geste n’a été prévu en faveur des particuliers. Ces déclarations n’ont toutefois pas calmé la grogne des professionnels.

L’Association nationale des organisations de producteurs (Anop) et l’Union des armateurs à la pêche de France (UAPF) ont en effet dénoncé des «mesurettes» et réclamé des actions «à la hauteur de la situation», dans un communiqué commun. Parmi les «dispositifs de soutien à la trésorerie» annoncés, le gouvernement cite un «échelonnement des cotisations sociales» avec «un délai de paiement sans frais ni majoration sera accordé aux entreprises de pêche qui en feront la demande», un «étalement des échéances fiscales» ainsi que des «prêts de trésorerie garantis par Bpifrance», précise le ministère de la Mer et de la Pêche.

Les banques appelées à plus de «souplesse»

Les très petites entreprises (TPE) pourront également bénéficier de «prêts de court terme exceptionnels par Bpifrance». Quant à la réduction à la pompe, réclamée par les professionnels, le ministère indique que «des discussions sont en cours avec les metteurs en marché pour activer les incitations fiscales mobilisées en 2024 permettant une remise à la pompe». Par ailleurs, le gouvernement assure qu’un «dialogue» est engagé «avec les banques», appelées «à la souplesse et à la flexibilité dans le traitement des dossiers individuels d’entreprises» en difficulté.

Du côté des pêcheurs, l’Association nationale des organisations de producteurs (Anop) et l'Union des armateurs à la pêche de France (UAP) ont exprimé leur «consternation» face à des mesures qui «se limitent à des délais de paiement». Ces organisations estiment que ces annonces sont «indigentes au regard de la gravité de la situation» et rappellent que, en Italie et en Espagne, des aides exceptionnelles de 0,25 euro et 0,20 euro par litre ont été mises en place.

Des bateaux contraints de rester à quai

«A défaut de mesures immédiates et adaptées, une partie de la flotte sera contrainte de rester à quai dans les prochains jours», soulignent-elles, réclamant notamment «une aide carburant», «une intervention immédiate auprès de la Commission européenne (…) pour mobiliser les mécanismes de soutien de crise» et «la levée du plafond» d’aide par entreprise.

Pour les transporteurs, la Fédération nationale des transports routiers (FNTR) demandait à l’Etat de publier un indice de référence du gazole tous les quinze jours au lieu d’une fois par mois, afin que l’évolution des prix des carburants soit plus rapidement reflétée dans leurs factures. Le gouvernement a accepté ce changement «temporairement», invitant également les chargeurs «à réduire leurs délais de paiement pour soutenir davantage les transporteurs».