
Selon Ouest-France, la Cour des comptes a publié jeudi 6 novembre un rapport très attendu sur la gestion du musée du Louvre, qui a subi un cambriolage historique le 19 octobre dernier. L’enquête n’a pas été déclenchée par le vol des joyaux, puisqu’elle avait débuté bien avant. Certaines de ses conclusions, qui avaient été publiées avant le cambriolage, confirmaient déjà des problématiques de sécurité, dans ce musée le plus visité au monde.
Le rapport de la Cour des comptes publié jeudi 6 novembre dénonce le choix du musée du Louvre d’avoir «privilégié des opérations visibles et attractives, au détriment de l’entretien et de la rénovation des bâtiments et des installations techniques, notamment de sûreté et de sécurité». En effet, selon ce document, les salles d’exposition ont été rénovées rapidement mais les travaux de mise aux normes techniques et de restauration, eux, ont pris bien davantage de temps. D’après les chiffres de la Cour des comptes relayés par Ouest-France, entre 2018 et 2024, «le musée n’a mobilisé que 27 millions d’euros pour des travaux d’entretien et de mise aux normes, et 60 millions pour la restauration du palais.» Ce serait un montant moitié moins élevé que le budget alloué par exemple à l'achat d’œuvres ou à la rénovation esthétique des salles par exemple.
Une prise de conscience tardive
La prise de conscience tardive de l’urgence des rénovations a été déclenchée par des incidents récents, ayant mis en péril certaines œuvres. En 2017, un audit avait d’ailleurs été réalisé en interne et avait déjà mis en évidence «l’inexistence d’un schéma directeur ou plan d’action de sûreté», et le vieillissement des outils technologiques du musée. Huit ans plus tard, ce nouveau rapport estime en fait que le musée n’a pas appliquer de solutions concrètes pour remédier à ces failles.
De son côté, la direction du musée du Louvre a répondu et considère que la «méthodologie suivie par la Cour interroge». La direction a notamment considéré l’avis de Pierre Moscovici, président de la Cour, sur la gestion du musée, comme «sévère». Elle déplore aussi que le rapport contienne des informations sur le parc de vidéosurveillance, désignées par le musée comme confidentielles. Concernant les causes de ce cambriolage, le ministère de la Culture, lui, a également mené une enquête administrative, qui a soulevé une «sous-estimation chronique, structurelle, du risque d’intrusion et vol», mais aussi un «sous-équipement des dispositifs de sécurité».

















