
C’est un changement de taille dans le conflit russo-ukrainien. À l’occasion d’un entretien accordé à la télévision publique WDR à Berlin, le nouveau chancelier allemand, Friedrich Merz, a indiqué que les alliés occidentaux de l’Ukraine, dont l’Allemagne fait partie, ne fixaient désormais plus aucune restrictions sur la portée des armes fournies à Kiev, rapporte Ouest-France. «Il n’y a plus de limites de portée pour les armes qui ont été livrées à l’Ukraine. Ni par les Britanniques, ni par les Français, ni par nous. Ni par les Américains», a-t-il affirmé.
Sans apporter plus de précisions quant au moment où chaque pays avait décidé de ce changement dans leur doctrine militaire, reste que cette annonce du nouveau chef du gouvernement allemand pourrait rebattre les cartes dans le conflit qui fait rage depuis février 2022. En effet, la livraison d’armes de plus longue portée pourrait permettre à l’Ukraine d’atteindre des zones jusque-là inateignables en Russie. Une mesure qui va d’ailleurs à contre-courant de celle de son prédécesseur, Olaf Scholz, qui s’était toujours refusé à livrer à Volodymyr Zelensky des armes d’une portée supérieure à 70 kilomètres environ par crainte d’une aggravation des tensions.
Mise en garde de la Russie
Alors que l’Allemagne est aujourd’hui le deuxième fournisseur d’armes à l’Ukraine, Friedrich Merz s’était déjà dit favorable avant son élection à la chancellerie, à livrer à Kiev les missiles Taurus dont la portée de 500 kilomètres pourrait permettre d’atteindre le territoire russe en profondeur. Désormais élu, le chancelier allemand se montre plus ambigu sur le sujet, lui qui a déjà souligné ne plus vouloir donner de détails sur les armes livrées à l’Ukraine pour des raisons stratégiques afin de ne pas en informer Moscou.
Une chose est sûre, les récentes déclarations de Friedrich Merz sont loin de plaire à la Russie, qui a qualifié l’annonce d’«assez dangereuse». Dans une vidéo diffusée par plusieurs médias russes, le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov, a ainsi fait savoir que dans le cas où ces «décisions ont vraiment lieu», ces dernières allaient «à l’encontre de nos aspirations à entrer dans un règlement politique» du conflit. De son côté, le président de la commission de la Défense de la Douma, Viatcheslav Volodine, a fait savoir que son pays était déjà préparé à ces potentiels tirs. Quant au ministre des Affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov, ce dernier a conseillé à Friedrich Merz de ne pas agir «selon les traditions de l’Allemagne nazie».


















