La menace est réelle et la France la scrute de près. C’est en somme le message qu’a voulu faire passer le chef d'état-major de l'armée de Terre. Auditionné devant les députés de la commission de la Défense à l'Assemblée nationale jeudi 23 octobre, Pierre Schill a confirmé les propos du chef d'état-major des armées le 22 octobre qui déclarait que, face à la Russie, l'armée française devait être «prête à un choc dans trois, quatre ans», souligne BFMTV. Devant les mêmes députés, le général Mandon ajoutait que ce choc pourrait être «une forme de test - peut-être le test existe déjà sous des formes hybrides - mais peut-être (quelque chose de) plus violent».

De son côté, Pierre Schill affirme que la France est prête : «Nous nous tiendrons prêts à déployer des forces dans le cadre de garanties de sécurité, le cas échéant au profit de l'Ukraine», a-t-il indiqué, en réitérant l’importance des coalitions. Dans ce cadre, l'exercice Orion 26 «éprouvera nos concepts d'emplois interarmées, interalliés et même interministériels», a-t-il poursuivi.

Trois alertes peuvent être gérées simultanément

Alors que Donald Trump a décidé de nouvelles sanctions contre la Russie, notamment «contre leurs deux grandes compagnies pétrolières», et que l’Union européenne a également durci ses mesures contre le régime de Vladimir Poutine, Emmanuel Macron s’est félicité de cette annonce. Depuis le Conseil européen à Bruxelles, le chef de l’Etat y voit «un coup massif qui est porté au financement de l'effort de guerre de la Russie alors même que pour la première fois depuis le début de ce conflit, l'économie russe commence à souffrir bien davantage».

Devant les députés, le chef d'état-major de l'armée de Terre a confirmé que la «menace russe» était prise très au sérieux. Comme le rappelle BFMTV, l'ex-chef d'état-major des armées Thierry Burkhard, avait confirmé que «la Russie était partie prenante de toutes les menaces» et que la France était «une de ses cibles prioritaires».

Pierre Schill confirme dès lors que l’armée de Terre pouvait gérer simultanément «trois alertes», et un possible déploiement en Ukraine. Dans ce cadre, «7 000 soldats sont prêts à partir avec des délais d'alerte échelonnés de douze heures à cinq jours, y compris pour des missions souveraines nationales». Il s’agit de «l’échelon national d’urgence». L’autre alerte «de premier rang de l'OTAN», l'ARF 2026, sera «structurante».