
Se soigner va-t-il devenir un luxe en France ? C’est ce sur quoi alerte la Fédération hospitalière de France. En effet, dans son dernier baromètre sur l'accès aux soins publié conjointement avec Ipsos/BVA, et révélé par Franceinfo, le délai d’attente pour obtenir un rendez-vous chez le médecin généraliste est de plus en plus long. Il a même triplé en seulement sept ans puisqu’il fallait en moyenne quatre jours en 2019 pour avoir rendez-vous, quand il faut désormais en moyenne douze jours en 2026. Un délai qui n’a d’ailleurs jamais cessé d’augmenter, décryptent nos confrères, car même en 2024, il fallait dix jours.
Plus longs chez les spécialistes
Evidemment, la situation varie selon votre lieu de résidence, ce qui est une preuve de plus de l’inégalité aux soins dans l’Hexagone. Surtout, la Fédération hospitalière de France déplore un temps d’attente qui augmente «de façon alarmante» depuis 2019. Car il n’y a pas que les médecins généralistes de concernés. Pour obtenir un rendez-vous chez un spécialiste, il faut compter au moins deux mois, avec des délais encore plus longs selon les régions. Si, pour les spécialistes, les délais ont augmenté moins rapidement, ils sont bien plus longs.
Trois semaines pour rencontrer un pédiatre
Ainsi, que ce soit pour un ORL, un cardiologue ou un dermatologue, il faut désormais attendre deux fois plus longtemps. Pour le spécialiste de l'oreille, du nez, de la gorge et du larynx, il faut attendre en 2026 deux mois et dix jours. Un délai porté à trois mois et deux jours pour le spécialiste du cœur et enfin quatre mois et deux semaines pour avoir accès à un dermatologue, spécialité où il faut attendre le plus longtemps. Peu rassurant pour les parents non plus, le délai d’attente pour un rendez-vous chez le pédiatre : il faut compter en moyenne un peu plus de trois semaines. Un temps presque doublé pour le gynécologue également : environ deux mois.
Un dermatologue en Normandie ? Six mois d’attente
Seule l’ophtalmologie fait état d’une baisse du délai d’attente par rapport à 2019, toutefois, il faut encore compter deux mois et trois semaines pour obtenir un rendez-vous. Mais surtout, ce sont les écarts entre régions qui sont criants. Un Normand devra attendre six mois pour rencontrer un dermatologue, contre «seulement» trois mois et demi pour un Francilien. D’autres spécialités mettent en exergue un écart abyssal : chez les psychiatres, il faut environ un mois et demi en Nouvelle-Aquitaine contre cinq mois dans les Hauts-de-France.
L’Ile-de-France mieux lotie
Peu importe la spécialité, seuls les habitants d’Ile-de-France bénéficient de délais plus raisonnables, entre deux et 14 semaines en moyenne. Deux spécialités sont toutefois encore très prisées et créent de l’attente : les cardiologues et les dermatologues. Aujourd’hui, ces délais ont des conséquences : près de six Français sur dix ont renoncé à un acte de soin, faute de rendez-vous, met en avant la Fédération hospitalière de France. Un chiffre qui grimpe à presque 75% au cours des cinq dernières années. La question du budget est également primordiale. Un phénomène «qui s’accentue d’année en année».
De plus en plus de Français aux urgences
Autre conséquence : près d’un Français sur deux s’est déjà rendu aux urgences alors qu’il n’aurait pas dû le faire s’il avait obtenu un rendez-vous. En outre, près d’un sur trois s’y est rendu, car il ne savait pas à qui s'adresser en dehors du service d’urgence de l’hôpital. Le passage aux urgences provoque aussi des difficultés chez les Français, que ce soit au niveau des délais d’attente, de la gestion de la douleur ou du manque de communication. Des reports de soins qui sont souvent des conséquences graves.
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