
Si vous avez tendance à ne prendre rendez-vous que chez des médecins conventionnés secteur un, vous avez dû remarquer qu’ils sont de moins en moins nombreux. Ces dépassements d’honoraires vont faire l’objet de négociations entre la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam) et les syndicats du secteur, alors que des associations de patients et des parlementaires demandent une meilleure régulation. Il faut dire que, selon des données provisoires de 2025 consultées par BFM Business, les dépassements d’honoraires ont coûté 4,9 milliards d’Euros aux patients. C’est 1,5 fois plus qu’en 2019.
Cette tendance est à la hausse depuis le début des années 2000. La seule année de baisse du montant total des dépassements d’honoraires est 2020, à cause de la pandémie de Covid-19. Mais cette tendance s’est accélérée. Il faut dire que les jeunes médecins sont de plus en plus nombreux à s’installer en secteur 2. Pour rappel, un médecin conventionné secteur 1 pratique les tarifs fixés par la Sécurité sociale. Ceux conventionnés en secteur 2 pratiquent des prix supérieurs à la base de remboursement de la Sécu. Par exemple, 94% des nouveaux rhumatologues sont conventionnés en secteur deux, contre 64% à l’échelle de l’ensemble des médecins.
Quelles spécialités sont les plus concernées ?
Mais certaines spécialités sont plus concernées que d’autres en termes de dépassement d’honoraires. On compte 86% des chirurgiens, 79% des gynécologues-obstétriciens, 73% des ORL et 72% des ophtalmologues. Cela ne signifie pas nécessairement que tous les médecins qui pratiquent des dépassements d’honoraires pratiquent des prix exorbitants. Le montant annuel moyen des dépassements d’honoraires pour un chirurgien est de 153 Euros, contre 721 Euros pour les 5% qui pratiquent les dépassements les plus élevés.
Le fait que de plus en plus de médecins pratiquent le dépassement d’honoraires pourrait bien être lié au fait que les tarifs servant de base de remboursement par la Sécu n’ont pas été revalorisés depuis de nombreuses années, selon les spécialités. Les pédiatres, gynécologues et gériatres ont bien bénéficié de cette revalorisation, mais uniquement ceux conventionnés en secteur un ou ayant souscrit à l’option pratique tarifaire maîtrisée (Optam) en secteur 2.



















