
La question est toujours dans le débat alors que le budget 2026 est débattu par les parlementaires. Les grands patrons doivent-ils payer davantage d’impôts ? Au mois d’octobre, les députés ont pourtant rejeté la taxe Zucman qui prévoyait un impôt minimum de 2% sur les patrimoines de plus de 100 millions d'euros. Mais la contribution des grands patrons à l’effort national est toujours sur la table. Invité du Grand entretien de Darius Rochebin sur LCI mercredi 19 novembre, le PDG de TotalEnergies a évoqué sans filtre ses rémunérations.
Si Patrick Pouyanné considère qu’il «paie suffisamment» d’impôts, aux alentours de 45%, et qu’il se situe donc dans la tranche la plus élevée, le patron rappelle que son salaire est connu. «Le salaire que je reçois en numéraire est de 4 millions d'euros sur lequel je paie 2 millions d’euros d'impôts ou 1 million d’euros d'impôts», a-t-il souligné. Il a ensuite ajouté qu’il avait des actions de performance, précisant : «Ce n’est pas du salaire direct, en tant que PDG, je ne les vends pas, je les garde de côté.»
1,5 million d'euros reçus en dividendes
Mais quels sont ses revenus annuels ? Là encore, Patrick Pouyanné n’a rien caché, évoquant le chiffre de 5,5 millions d’euros sur sa feuille d’impôts. «5,5 millions, c’est 4 millions d’euros de salaire et 1,5 million d’euros que je reçois des dividendes des diverses actions que je possède», a-t-il tenu à rappeler. Mais au total, si on valorise ses actions, c’est «environ une dizaine de millions d’euros», a-t-il concédé sur LCI, rappelant qu’il y en avait «4,5-5 millions» qu’il ne possédait pas.
Dans ce cadre, est-il prêt à payer plus ? «Je considère que je paie déjà beaucoup d'impôts, mais si la collectivité demande d'en payer plus je n'ai pas de souci», a répondu le patron du géant pétrolier. Mais encore une fois, le PDG a tenu à mettre en garde contre les différentes taxes réclamées par certains députés ou votées récemment comme celle sur les entrepreneurs ou les holdings familiales.
Citant Arthur Mensch, le cofondateur et directeur général de Mistral AI, il a raillé sans la nommer la taxe Zucman. «Si vous lui demandez de payer sur une fortune totalement virtuelle (…) alors que l’entreprise Mistral serait valorisée quelques milliards (…) il n’a pas l’argent pour payer des taxes élevées là-dessus, donc ce serait une erreur.» Mardi, sur BFMTV, le comédien Pierre Arditi s’était dit également prêt à faire des efforts, car «le pays est en danger de mort».



















