La prime Macron va-t-elle faire son retour ? Dispositif mis en place en 2019 à la suite de la crise des gilets jaunes afin de soutenir le pouvoir d’achat, il permet à l’employeur de verser une prime au salarié. Elément facultatif, il ne peut se substituer à un salaire ni à une augmentation de salaire. Face à la flambée des prix des carburants liée à la guerre au Moyen-Orient, le gouvernement a remis l’idée sur la table afin de donner un peu d’air aux salariés, en particulier ceux qui prennent le plus leur véhicule.

Parmi les hypothèses évoquées : simplifier les démarches, alors que la prime a perdu de son attrait après un durcissement de ses conditions d’attribution. En prenant la parole jeudi 21 mai, Sébastien Lecornu n’a pas évoqué le retour de la prime Macron. Toutefois, dans les entreprises, on s’inquiète déjà d’une telle mesure alors que la crise pourrait durer encore plusieurs mois, explique RMC. Car même en cas de défiscalisation ou d’exonération de charge, ce serait un coût énorme pour certaines sociétés.

Les trésoreries des sociétés en berne

C’est ce qu’explique à RMC le patron d’une société de 400 salariés : «On ne peut pas distribuer de l’argent qui n’existe pas. Nous sommes dans le monde réel. Il n’y a pas d’argent magique et donc nous disons la vérité à nos salariés», lance Bruno Grandjean, PDG de Redex. Pas de «miracle» donc pour le patron, qui n’a qu’une idée en tête actuellement : «Conserver les emplois et se projeter dans la durée». Résultat, pour lui, parler de prime Macron «n’est absolument pas une option». Cela ne veut pas dire qu’il ne veut pas aider ses salariés, mais en l’état actuel des choses, les finances de son entreprise ne le permettent pas.

Son cas n’est pas isolé. Depuis le déclenchement de la guerre début mars, de nombreuses sociétés se trouvent en difficulté, à commencer par les TPE et PME, qui étaient d’ailleurs déjà fragilisées auparavant. Selon le président de la confédération des petites moyennes entreprises à Paris, «elles en sont aujourd’hui à payer difficilement les salaires et les charges fixes qui incombent aux entreprises». Bernard Cohen Hadad pense tout de même que l’idée peut être intéressante pour celles qui peuvent se le permettre.

Le gouvernement assouplira-t-il les règles dans les semaines à venir ? Pour l’heure, Sébastien Lecornu a annoncé 710 millions d’euros d’aides nouvelles en soutien aux secteurs les plus exposés. Le Premier ministre a surtout annoncé le doublement du plafond de la prime carburant employeur, fixée aujourd’hui à 300 euros et qui sera désormais portée à 600 euros par an. Depuis le début de la crise, le gouvernement assure avoir débloqué 1,2 milliard d’euros.