Plonger dans la Seine pour prouver la salubrité de l’eau, tel est l’objectif d’Anne Hidalgo, maire de Paris. À neuf jours de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Paris 2024, la maire s'est adonné, ce mercredi matin, à un plongeon historique dans la Seine, quelques jours après celui de la ministre des Sports et des JO, Amélie Oudéa-Castéra. Néanmoins, si les prélèvements opérés semblent être favorables à la baignade, qu’en est-il des bactéries présentes dans le fleuve, grandes sources de maladies ?

Personne n’ignore que Paris est notamment réputé pour être bondé de rats… qui, eux aussi, vont parfois faire trempette dans la Seine. Seulement, la baignade des rongeurs implique toute une série de bactéries rejetées par leurs urines dans le fleuve, comme la Leptospira interrogans. Et cette bactérie est la source d’une maladie (qui porte bien son nom) qui peut être mortelle : la leptospirose, aussi appelée la «maladie du rat». Selon l’Institut Pasteur, chez l’homme, «la maladie est souvent bénigne, mais peut conduire à l’insuffisance rénale, voire à la mort dans 5 à 20% des cas».

Mettre des pansements ou prendre des antibiotiques ?

Et le problème, c’est qu’après une baignade, autant Anne Hidalgo que les athlètes qui s’adonneront aux épreuves de triathlon et de natation olympique dans la Seine, ne ressentiront pas de symptômes s’ils sont infectés. Hormis des symptômes grippaux. Selon Mathieu Picardeau, chercheur spécialisé sur la leptospirose à l’Institut Pasteur, cela ressemble à «une grosse grippe qu’on va attraper en plein été après s’être baigné en eau douce», atteste-t-il auprès du HuffPost. Comprenez donc une forte fièvre et des courbatures.

Malheureusement, pour les formes les plus graves, les malades auront des «atteintes hépatiques et rénales qui peuvent même dans certains cas entraîner la mort», précise le chercheur. En guise de prévention, la maire de Paris et les futurs athlètes ont donc plusieurs choix : mettre des pansements là où il y a des lésions au niveau de la peau ou prendre des antibiotiques avant la baignade. À noter qu’un vaccin est également disponible au prix de 112 euros, mais n’est pas remboursé par l’Assurance maladie, d’autant qu’il faut trois doses pour que le vaccin soit efficace.