La listériose est causée par la bactérie Listeria monocytogenes, susceptible de contaminer certains aliments crus ou insuffisamment cuits. Selon l’Institut Pasteur, elle se manifeste sous deux formes. La première, dite «isolée», reste limitée au système digestif et provoque diarrhées, douleurs abdominales et parfois un syndrome grippal (fièvre, douleurs musculaires, maux de tête). La seconde, beaucoup plus dangereuse, est qualifiée «d'invasive» : la bactérie se propage alors dans le sang, causant les mêmes symptômes qu'une septicémie, ou atteint le système nerveux, entraînant méningite ou encéphalite, avec vomissements, raideur de nuque, troubles moteurs ou convulsions. Cette forme sévère tue environ un quart des patients.

Les risques sont particulièrement élevés pour les femmes enceintes (20 fois plus de risque de développer l'infection que le reste de la population, alerte Le Parisien), les nouveau-nés et les personnes immunodéprimées. Chez la femme enceinte, l'infection est souvent bénigne, mais peut avoir des conséquences dramatiques pour le fœtus : fausse couche, accouchement prématuré ou mort in utero. Un nouveau-né infecté peut développer une infection grave combinant septicémie, atteinte pulmonaire, neurologique et cutanée. L'incubation varie d’une à trois semaines, parfois jusqu’à trois mois.

Un traitement possible, mais une vigilance indispensable

Comme la salmonellose, la listériose se traite par antibiotiques et peut être évitée grâce à la cuisson. Si la contamination via des fromages pasteurisés est rare, le ministère de l'Agriculture rappelle qu'elle reste possible en raison de la présence diffuse de la bactérie dans l'environnement. L'alerte actuelle fait suite à un rappel massif de fromages au lait pasteurisé de l'entreprise Chavegrand, suspectés d’être liés à deux décès.