
La maladie d’Alzheimer touche aujourd’hui 1,2 million de personnes en France, la première cause de cette maladie neurodégénérative étant le vieillissement. Dans les années 2000, des anticholinestérasiques ont été remboursés pour le traitement des formes légères, rappelle Santé Magazine, mais leur remboursement a finalement été arrêté en 2018. Or, selon une dernière étude publiée dans la revue The Lancet Regional Health Europe, les scientifiques concluent à un bénéfice cognitif modéré, mais présent sur le long terme. Un déremboursement qui interroge, donc.
Interrogé sur le plateau de BFMTV, le médecin Damien Tomasso est revenu sur cette étude et rappelle que ce sont «des médicaments qui retardent la maladie, mais qu’aujourd’hui, il n’y a pas de traitement qui la soigne». Il ajoute qu’ils ont pour but «d’améliorer la transmission des neurones et de ralentir l’évolution de la maladie». Concernant l’étude, il confirme certains résultats, dont le fait que ces anticholinestérasiques actent «une diminution rapide de quelques points sur le plan cognitif».
Vers un réexamen du déremboursement ?
Toutefois, selon le médecin, «sur le long terme, l’évolution se fait très peu». Et Damien Tomasso d’ajouter : «Cette étude ne s’intéresse qu’au cognitif alors que le plus grand risque est l’isolement ou la dépendance.» A l’époque, des patients ne prenaient plus le médicament ou oubliaient de le prendre, rappelle-t-il. Pourtant, l’étude publiée dans The Lancet semble montrer un bénéfice sur le long terme. Les scientifiques ajoutent que les médicaments sont sûrs et sans danger.
Dans leurs conclusions, ils estiment que, bien qu’il s’agisse d’une étude observationnelle, le déremboursement n’est plus justifié. Ils «plaident pour un réexamen de la décision de retrait de la liste des médicaments remboursables de 2018, car les anticholinestérasiques demeurent sûrs et cliniquement pertinents pour la maladie d’Alzheimer légère à modérée».
Existe-t-il des traitements aujourd’hui en France ? Si de nouvelles thérapies injectables aux patients ont vu le jour, elles ne sont ni remboursées ni autorisées en France, a rappelé Damien Tomasso sur BFMTV. Pour ralentir la maladie, il préconise des mesures pour rassurer les patients, car elle «entraîne de l’angoisse et des troubles au niveau du comportement», d’autres pour les stimuler au maximum et garder une vie sociale, et enfin trouver des gens qui peuvent s’occuper des patients.



















