Les Allemands vont retourner aux urnes le 23 février prochain après un peu plus de trois ans de gouvernement Scholz, marqué par un manque de leadership politique sur fond de crise de l’économie allemande. En premier lieu, l’ébranlement de l’automobile et la remise en cause des approvisionnements énergétiques dépendant de la Russie.

La puissance allemande est-elle ébranlée ? Cette crise de confiance dont témoigne la montée des courants extrémistes est-elle durable ? Sur tous ces points, Philippe Oddo, le patron d’un groupe financier franco-allemand, qui passe trois jours par semaine en Allemagne, donne son témoignage éclairé. A contre-courant.

L’Allemagne est-elle l’homme malade de l’Europe ?

Je ne dirais pas cela. En France, on ne parle de l'Allemagne que lorsqu’il y a de mauvaises nouvelles. Avec un PIB par habitant supérieur de 15% à celui de la France, un excédent commercial de 230 milliards d'euros en 2023 et «seulement» 180 milliards cette année (130 milliards de déficit pour la France), un taux d'endettement sur PIB de 60%, l’Allemagne dispose de vraies marges de manœuvre. Il y a de lourds défis, politiques et économiques. Mais ils sont sur la table, avec des dirigeants politiques et économiques prêts à les affronter.

L’enjeu politique, c’est de clore l’après-Merkel. Même si on remet en cause aujourd’hui le bilan de ces années, Angela Merkel a été capable de diriger son pays pendant seize ans en conservant jusqu’au bout une forte popularité. Aujourd’hui, les partis de gouvernement représentent 65-70% des voix. Les mouvements extrêmes à peu près 30%. A l’instar de ce qui se passe dans le reste de l’Europe, nous assistons à la montée de mouvements populistes, alimentée par une immigration élevée (1 million de personnes par an ces dernières années).

Cette immigration est nécessaire mais une partie de la population doute de la capacité du pays d'intégrer les Syriens, Ukrainiens, Afghans, aux cultures différentes. Historiquement, l’Allemagne a su faire progresser l’intégration en s’appuyant sur des fondations et des organismes souvent liés aux églises catholiques et protestantes. L’Allemagne s’appuie également sur une politique du logement très favorable à l‘intégration : les Allemands ont privatisé leur système de logement social, en faillite dans les années 1990, en confiant sa gestion à des organismes privés, avec un cahier des charges précis, déterminé à l’échelon local. Nous pourrions nous en inspirer.

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